L'apnée du sommeil fragilise-t-elle ou protège-t-elle les os ?
La question peut paraître étrange. Elle ne l'est pas dans la mesure où les résultats d'une étude (1) publiée par une équipe taïwanaise viennent contredire ceux d'une recherche française (2) menée l'en dernier.
Après avoir observé 833 personnes de plus de 65 ans qui n'étaient pas connues comme ostéoporotiques ou apnéiques, le Pr Frédéric Roche et ses collègues avaient constaté que les personnes atteintes d'apnée du sommeil souffraient moins d'ostéoporose.
A l'inverse, l'équipe de Taïwan suggère que le risque d'ostéoporose est 2,7 fois plus important chez les patients souffrant d'un syndrome d'apnée du sommeil (SAS) dans la population générale. Les femmes et les patients âgés sont les plus concernés. Ces conclusions ont été tirées par les auteurs qui ont comparé l'évolution sur six ans de 1.377 patients atteints de SAS avec les données d'une cohorte de 20.655 personnes, sans SAS.
En réalité, à travers ces recherches, deux théories s'opposent. D'une part, celle qui suppose que l'inflammation chronique des apnéiques favorise la destruction des os, de l'autre, celle qui imagine que le manque intermittent d'oxygène stimule l'ostéogenèse en favorisant la vascularisation.
Au final, compte tenu du fait que les études sur le sujet sont encore trop rares, il est difficile de trancher la question.
(références :
(1) Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism,15 avril 2014, DOI: 10.1210/jc.2014-1718
(2) Sleep, 1er octobre 2013, doi: 10.5665/sleep.3046)