Manger moins de calories permettrait de vivre plus longtemps
Peut-on vivre mieux et plus longtemps en adoptant un régime avec restriction calorique, c'est-à-dire en diminuant les apports énergétiques, sans toutefois atteindre un stade de malnutrition ? Oui, si l'on en croit une nouvelle étude menée sur des primates, confirmant ce que d'autres travaux avaient déjà montré chez des organismes unicellulaires, des mouches, mais aussi des rats et des souris de laboratoire.
Pendant une durée exceptionnelle de 25 années, les chercheurs de l'Université Wisconsin-Madison ont examiné les effets de la restriction calorique (30% de moins que précédemment) imposées à 38 singes macaques rhésus, âgés de 7 à 14 ans au départ, comparativement à un groupe témoin de 38 autres individus de la même espèce qui pouvaient continuer à manger normalement.
Résultat : les singes nourris à satiété ont 2,9 fois plus de risques de souffrir d'une maladie liée au vieillissement et leur risque de décès est triplé. Au contraire, les singes rationnés avec un tiers de calories en moins vivent plus longtemps, et en meilleure santé.
Cette étude chez des animaux avec lesquels nous avons 90% de gènes en commun suggère que d'autres primates, y compris les humains, peuvent aussi tirer profit d'une restriction calorique. Manger modérément augmenterait l'espérance de vie. Jusqu'ici, l'impact d'un tel régime sur la longévité de l'Homme n'a cependant jamais pu être constaté.
(référence : Nature Communications, 1er avril 2014, doi:10.1038/ncomms4557)