Plus de problèmes de miction après accouchement par voie vaginale
Les symptômes d'incontinence de stress et d'hyperactivité vésicale sont plus fréquents ou plus sévères après un accouchement par voie vaginale par rapport aux accouchements par césarienne. C'est ce que révèle une étude publiée 'ahead of print' dans 'Neurourology and Urodynamics'. Ces différences tendent toutefois à diminuer avec le temps, post-accouchement.
L'étude menée à Baltimore aux Etats-Unis a inclus 1481 femmes qui avaient accouché dans les cinq à dix ans précédents. Celles-ci devaient compléter jusqu'à cinq évaluations annuelles.
Incontinence de stress et OAB
Au cours de cette durée de suivi, l'incidence de symptômes d'incontinence urinaire de stress ou d'hyperactivité vésicale, qualifiés de particulièrement ennuyeux, était de 2.5 par 100 femmes-années chez les femmes ayant accouché par voie vaginale alors qu'elle n'était que de 1.7 par 100 femmes-années chez celles qui avaient bénéficié d'une césarienne. La prévalence estimée de fuites urinaires liées à l'effort, à la toux ou aux éternuements était de 54% chez les femmes qui avaient eu au moins un accouchement par voie vaginale contre 20% chez celles qui n'avaient accouché que par césarienne.
Augmentation d'autres problèmes de continence
Parmi les femmes qui avaient accouché par voie vaginale, on note également une prévalence estimée supérieure en termes de perte de 'gouttes' d'urine (37% dans ce groupe contre 17% chez les femmes ayant accouché par césarienne), de mictions fréquentes (27% contre 17% respectivement), de nécessité de miction urgente (17% contre 7%) ainsi que de fuites liées à une sensation d'urgence (17% contre 7%).
Diminution avec le temps
Le risque relatif de fuites liées à l'effort, la toux ou les éternuements a augmenté de 6% à partir de la première naissance dans le groupe 'césarienne' mais n'a pas varié dans l'autre groupe, tandis que le risque relatif de symptômes d'urgence urinaire a augmenté dans les deux groupes à partir de la première naissance (7% dans le groupe 'césariennes' contre 6% dans le groupe 'accouchement par voies naturelles'). Les auteurs ont également constaté que dans les deux groupes étudiés, l'obésité constituait un facteur de risque majeur d'incontinence de stress et de vessie hyperactive
Impact important au début
En conclusion, les auteurs que les accouchements par voies naturelles ont un impact considérable sur la présence et la sévérité des symptômes d'incontinence de stress et d'hyperactivité vésicale, principalement endéans les cinq années qui suivent l'accouchement. Par la suite, la différence avec les femmes ayant accouché par césarienne tendent à se réduire en particulier en raison d'une augmentation des taux de symptômes d'incontinence d'effort chez les femmes ayant accouché par césarienne. Notons qu'il s'agit d'une étude américaine et que l'attitude par rapport à la voie d'accouchement pourrait être assez différente de la situation européenne.