Les accrocs à l'internet n'ont plus le même cerveau... (APA 2014)
L'envahissement du Web et des réseaux sociaux qui a été très bien orchestré contribue aujourd'hui à l'apparition de modifications cérébrales que l'on soupçonnait, mais qui sont aujourd'hui identifiée grâce à l'imagerie...
L'étude est évidemment américaine, mais on pourra sans effort la transposer au niveau européen, même si les chiffres peuvent être différents. Peu ou prou, 93% des Américains de 12 à 29 ans sont branchés sur le Net d'une manière ou d'une autre et souvent grâce à divers appareils : ordinateurs, mobiles, tablettes, etc. Le concept d'addiction à l'internet a été proposé en 1995 déjà, mais il n'est toujours pas inclus dans la nouvelle version du DSM. La prévalence de cette dépendance aux USA atteint 26,3%. Elle est associée à des pensées ou à des tentatives de suicide.
SL Krishna Jadapalle, une chercheuse indienne en psychiatrie qui se forme aux USA a proposé une méta-analyse de 13 études publiées entre 2009 et 2013 concernant les conséquences sur le cerveau, vues en neuro-imagerie, de la dépendance à l'internet. L'analyse de ces études a révélé de nombreuses modifications de la structure cérébrale, surtout chez les personnes présentant une addiction au jeu sur le Web. Ces changements structurels concernent aussi bien la matière grise que la matière blanche.
Les résultats montrent aussi une altération des flux sanguins cérébraux, ce qui est associé à un amincissement du cortex dans la région orbito-frontale. Ils suggèrent également une dysfonction du système dopaminergique, avec une réduction de la dopamine, partageant ainsi les modifications que l'on observe dans d'autres types de dépendance et de comportement addictifs.
Pour le Dr Jadapalle, il y a un besoin urgent de se mettre d'accord sur des critères diagnostiques précis et basés sur des preuves solides. Sur cette base, de nouvelles études en neuroimagerie pourront être réalisées afin de constater de visu l'ampleur des dégâts...