Drogues : l'ancienne et les nouvelles... (APA 2014)
A l'heure où certains états américains ont libéralisé ou s'apprêtent à libéraliser le cannabis, en Europe, on s'inquiète encore plus de l'arrivée sur le marché de nouvelles drogues, presque de manière légale, en l'absence de législation contraignante...
Meesha Ahuja est une jeune médecin de l'université de Providence (Rhode Island), ce qui lui donne le privilège de pouvoir analyser plus finement les résultats d'une étude menée auprès de 113 étudiants (79% de Caucasiens, 67% de jeunes femmes) en " College ", c'est-à-dire universitaires ou assimilés. Elle constate que plus d'étudiants qu'avant consultent pour des troubles psychiatriques et que plus ont recours à l'usage de drogues comme le cannabis.
Ses résultats montrent qu'un quart de cette population consomme du cannabis, 18% de l'alcool et en est dépendante de manière diverse. Dans 4% des cas, ces étudiants consomment plusieurs substances et dans 3% de la cocaïne. Les consommateurs de cannabis sont plus souvent en congé médical que les non-utilisateurs : 46% vs 13%. Ils présentent également un score global de fonctionnement (GAF) significativement plus bas. Les consommateurs d'alcool présentent eux aussi un GAF inférieur, mais pas plus d'absentéisme. Enfin, une consommation de cannabis a été retrouvée chez 47% des participants souffrant d'un trouble bipolaire. Ces données inquiètent et sont convergentes avec d'autres à l'heure où le cannabis se légalise dans différents états aux USA...
Autre continent, autre inquiétude, l'Europe, comme d'autres probablement, fait face à une vague de nouvelles drogues passant par le fil du Web. Giovanni Martinotti de l'université " G.d'Annunzio " (Chieti-Pescara, Italie) a montré dans une étude que l'usage de nouvelles drogues comme des stimulants chez les 16-24 ans dépasse de loin la consommation des autres substances comme l'héroïne. Ces nouvelles drogues ont d'autant plus de succès que certaines sont " naturelles " comme Salvia divinorum et d'autres très reconnues pour leur efficacité même si elles sont synthétiques comme les phenethyleamines (" fly ", crystal meth, etc.) ou des cannabinoïdes de synthèse. Enfin, le prix de ces substances est relativement bas à 10-12 ? par gramme et faciles d'accès. Une étude menée en Europe a montré qu'il existait en 2011 au moins 314 sites de vente en ligne.
L'étude montre que 73% des jeunes pratiquent le Binge drinking et que 30% consomment des boissons énergisantes. Néanmoins même s'ils connaissent l'existence des nouvelles drogues, ils sont relativement peu à en consommer. Rappelons que l'étude s'est basée sur un questionnaire. Dans le cas des cannabinoïdes synthétiques, Martinotti met en garde sur leurs effets dévastateurs avec une puissance de 10 à 30 fois plus importante que le cannabis naturel.