Rétrécissement des artères de la jambe : le KCE donne son avis
Entre 2006 et 2009, le nombre de revascularisation percutanée pour une artériopathie périphérique (AP) dans notre pays a augmenté de 22 %, tandis que le nombre d'interventions "classiques" ont augmenté de 2%. Surprise par cette tendance, l'INAMI a demandé au KCE d'élaborer un guide de bonne pratique dans le but de fournir aux médecins des arguments scientifiques leur permettant de choisir le traitement le plus approprié en cas d'AP de la jambe.
Dans les cas légers, l'AP se manifeste par une claudication intermittente . Dans les cas graves , l'ischémie peut engendrer des dommages irréversibles à la jambe ou au pied, qui peuvent mener à une amputation.
Le KCE a constaté que les programmes d'exercices supervisés par un soignant professionnel peuvent augmenter la distance de marche chez les patients souffrant de symptômes légers. Il vaut donc la peine, chez ces patients, de prévoir un tel programme d'exercices en première intention. En l'absence d'une amélioration après 3 mois, une revascularisation peut être envisagée. Cependant, ces programmes d'exercices ne sont pas remboursés en Belgique. C'est pourquoi le KCE recommande de faire une étude de leur rapport coût-efficacité et, en cas de résultat positif, d'envisager le remboursement de ceux-ci.
On n'a trouvé que peu de preuves robustes, voire aucune, indiquant qu'une technique serait systématiquement meilleure qu'une autre. Ce choix dépendra notamment de la localisation et de la longueur de la lésion, mais, dans de nombreux cas, les deux options se justifient. Dans ces cas, il est important de tenir compte du coût et des préférences du patient après l'avoir soigneusement informé des avantages et des inconvénients de chaque technique.
L'angioplastie avec un ballonnet enduit d'un médicament qui est déposé dans la paroi artérielle semble prometteuse. Le KCE plaide ici aussi pour une analyse coût-efficacité. Dans l'attente de résultats d'études complémentaires, on peut envisager un remboursement limité et temporaire de cette intervention dans un certain nombre d'hôpitaux et uniquement pour les indications dans lesquelles l'innocuité et l'efficacité ont déjà été démontrées. Ainsi, l'évaluation de son utilité pourra se poursuivre et il sera possible, à plus long terme, de décider d'un remboursement définitif.
Le but est que les organisations professionnelles du monde médical et paramédical diffusent ce guide de bonne pratique parmi leurs membres.