Portables : un usage intensif associé aux tumeurs cérébrales
Alors que les effets délétères possibles du téléphone mobile font l'objet de vives controverses dans le monde, une étude française relance le débat en établissant un lien entre l'usage intensif du portable pendant plusieurs années et un risque accru de développer une tumeur cérébrale bénigne ou maligne.
Au total, 447 personnes atteintes du cancer (253 gliomes et 194 méningiomes), diagnostiquées entre juin 2004 et mai 2006, et 892 témoins adultes sains, pris au hasard dans la population française, ont été interrogés sur leurs habitudes avec le téléphone portable et la durée d'utilisation.
L'analyse ne permet pas de dire que les cas de tumeurs cérébrales sont directement liés à l'emploi régulier d'un portable. En revanche, les chercheurs bordelais ont pu établir que les utilisateurs ayant passé plus de 900 heures en temps d'appels cumulés avec un mobile pendant cinq années, soit environ 30 minutes quotidienne, présentent un risque de développer un gliome ou un méningiome multiplié par 2,5 par rapport aux personnes ayant plus modérément utilisé leur téléphone. Et ce risque augmente dans les zones urbaines.
Cette conclusion incite à penser que le portable constitue bel et bien un danger pour la santé des individus, même si en octobre dernier, l'Agence nationale française de sécurité sanitaire (Anses) avait conclu à l'absence de risque certain, avéré, après avoir fait un état des lieux de plus de 300 études scientifiques parues ces dernières années.
(référence : Occupational and Environmental Medecine, 9 mai 2014, doi:10.1136/oemed-2013-101754)