Les traumatismes peuvent être transmis par le sperme sur plusieurs générations
Les conséquences psychologiques d'un traumatisme pourraient être héréditaires. Une équipe suisse a montré, chez la souris, que le sperme paternel était affecté par des expériences traumatisantes en début de vie et qu'il pouvait jouer un rôle dans leur transmission aux générations suivantes.
En comparant les réactions de souris adultes, choquées par plusieurs séparations de leur mère dans l'enfance, à celles de souris non traumatisées, les chercheurs zurichois ont constaté des troubles du comportement proches de la dépression chez les premières. Les troubles typiques du stress post-traumatique se sont encore exprimés dans les 2e et 3e générations.
Par ailleurs, le sperme des petits mâles, ayant connu des périodes d'éloignement de leur mère, a révélé une surexpression de 5 microARNs dont une liée au stress. De plus, les mêmes symptômes comportementaux ont été décelés chez des souris saines après qu'on leur ait injecté des microARNs prélevés dans le sperme de souris traumatisées.
Les auteurs de l'étude considèrent que le sperme est très sensible aux conditions environnementales dans les premières années de la vie et que le déséquilibre des niveaux de microARNs dans le sperme est un facteur clé de la transmission inter-générationnelle des expériences traumatisantes. Leurs travaux vont se poursuivre pour savoir si des biomarqueurs similaires sont également observés chez des hommes exposés à des traumatismes, et chez leurs enfants.
(référence : Nature Neuroscience, 13 avril 2014, DOI: 10.1038/nn.3695)