La ménopause prématurée affecte la mémoire visuelle et la fluidité verbale
La ménopause, quand elle survient vers l'âge de 40 ans, aurait des effets néfastes durables sur certaines fonctions cognitives, plus tard dans la vie, ce qui montre bien que les oestrogènes protègent contre le déclin cognitif, et pas seulement contre les maladies cardiaques et l'ostéoporose.
Cette conclusion émane d'une étude menée par des chercheurs français, australiens et britanniques qui ont examiné les données de différents tests cognitifs de 4.868 femmes à l'âge de 65 ans, puis deux, quatre, et enfin sept années plus tard. Parmi ces femmes, environ 7,6% ont connu une ménopause prématurée (avant 40 ans), et 13% une ménopause précoce (entre 41 et 45 ans).
Par rapport aux femmes ménopausées après 50 ans, celles qui ont eu une ménopause prématurée ont beaucoup moins bien réussi aux tests : le risque de réduction de la fluidité verbale s'est accru de 56%, et celui de déclin de la mémoire visuelle de 39%. Par contre, curieusement en cas de traitement hormonal substitutif pendant la ménopause prématurée, la mémoire visuelle s'est améliorée tandis que la capacité verbale a semblé se réduire. Aucun lien entre ménopause prématurée et un risque plus élevé de déclin cognitif global ou de démence n'a été constaté.
Les auteurs de l'étude invitent à prendre en compte ces nouvelles données dans les risques collatéraux des interventions chirurgicales portant sur les ovaires.
(référence : BJOG An International Journal of Obstetrics and Gynaecology, 7 mai 2014, DOI: 10.1111/1471-0528.12828)