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Coronavirus : l'OMS temporise mais prend le risque au sérieux

Convoqué à Genève suite à la récente hausse du nombre de cas de coronavirus MERS (MERS-CoV) dans différents pays, le Comité d'urgence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont c'était la quatrième réunion sur cette maladie, n'a pas jugé nécessaire de déclarer un état " d'urgence de santé publique de portée globale ", en l'absence de preuves sur une transmission du virus de l'homme à l'homme.

Luc Ruidant - 15 mai 2014

Pourtant la menace que fait planer sur la planète le nouveau coronavirus responsable du syndrome respiratoire du Moyen-Orient est de plus en plus forte. En Arabie Saoudite, premier foyer de cette infection mystérieuse, la monarchie recense, selon les dernières estimations, 142 victimes pour un total de 483 cas en deux ans.

D'autres pays de la région sont touchés : la Jordanie, l'Égypte, le Liban, le Qatar, et les Émirats Arabes Unis. Et l'Occident n'est plus épargné. Après la France, la Grèce, et les États-Unis, un second cas d'infection par le nouveau coronavirus vient d'être annoncé en Angleterre. Pour la plupart, il s'agit de voyageurs ou de personnes ayant travaillé dans royaume wahhabite.
Autre source d'inquiétude : le pèlerinage à La Mecque. Avec le Ramadan qui approche, le nombre des pèlerins va augmenter dans les prochaines semaines.

Par ailleurs, à ce jour, alors qu'il n'existe aucun traitement médicamenteux pour lutter contre le MERS, près de 30% des personnes infectées n'ont pas survécu. Une proportion qui serait ahurissante pour n'importe quelle maladie, et qui l'est d'autant plus lorsque cette maladie touche la fonction respiratoire.

Les experts voudraient que le virus soit contenu, chassé de la population humaine et renvoyé dans la nature. Mais cela ne va pas être facile. S'il est clair aujourd'hui que les dromadaires sont l'une des principales composantes de l'épidémie, il est impossible d'affirmer que ce sont les seules sources de contamination chez l'Homme. On sait aussi que les dromadaires sont particulièrement importants et chéris au Moyen-Orient et un abattage massif de ces animaux est donc difficilement imaginable.
Malgré ce sombre tableau, l'OMS se refuse pour l'instant à décréter la mobilisation générale. Son Comité d'urgence a néanmoins indiqué que " la gravité de la situation a augmenté en terme d'impact sur la santé publique. " Il a aussi relevé l'augmentation importante du nombre de cas, et souligné la faiblesse des actions de prévention et de contrôle de l'infection.

Il demande notamment qu'une politique de prévention soit appliquée dans tous les pays, que des actions d'information soient intensifiées à l'intention des professionnels de santé mais aussi du public et que chaque cas fasse l'objet d'une enquête pour essayer de comprendre comment la contamination a eu lieu. Preuve que le risque est pris au sérieux...

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