Stress professionnel et asthme
Autant les infections respiratoires, l'exposition aux allergènes intérieurs (acariens, moisissures) ou extérieurs (pollens) et aux émanations irritantes (fumée de tabac, vapeurs chimiques, pollution) sont des facteurs favorisants d'exacerbations asthmatiques, autant le rôle direct du stress, pourtant souvent mis en avant par les malades, reste controversé.
Une équipe européenne s'est penchée sur la question en recherchant le rôle éventuel du stress professionnel sur la survenue de crises d'asthme sévère (en clair entrainant une hospitalisation ou le décès) au travers de 11 études de cohorte prospectives de Finlande, Suède, Danemark et Royaume-Uni.
Après analyse des données individuelles de plus de 102.000 sujets dont 56% de femmes, les investigateurs ont répertorié 1.109 individus ayant fait une exacerbation sévère d'asthme, dont 430 pour lesquels le principal diagnostic médical était l'asthme. Et pour ces sujets, ils retrouvent effectivement une association entre exacerbations sévères et stress professionnel qui correspond, après ajustement pour l'âge et le sexe, à un risque relatif de 1,27, mais avec des IC 95% très larges de 1,00 à 1,61.
Sans surprise, cette association n'était donc plus significative lorsque l'analyse prenait en compte les classiques facteurs confondants que sont le statut socio-économique, la consommation d'alcool, le tabagisme et l'IMC (risque relatif 1,20 ; IC 95% 0,96-1,55).
Au total, le fait d'avoir un boulot exigeant mais sans grand intérêt (travail à la chaîne par exemple) ou, à l'inverse, un boulot avec prise de décision, responsabilité, objectifs difficiles (postes de cadres exécutifs) ne semble donc pas, à l'échelon d'une population, avoir une influence négative marquée directe sur la maladie asthmatique.