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Que le PSA demeure, mais...

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Le PSA constitue toujours le biomarqueur préféré pour évaluer le risque de cancer prostatique, mais est-il toujours approprié quant à sa mise en oeuvre ? C'est une question lancinante qui a trouvé en partie des réponses lors de l'AUA.

Pierre Dewaele - 22 mai 2014

Ainsi, beaucoup se demandent à quel âge il est préférable de débuter un test PSA et surtout s'il faut adapter l'âge aux spécificités d'une population particulière. La difficulté aux Etats-Unis est certainement de retrouver dans la population américaine différents groupes ethniques. C'est pourquoi Amanda Saltzman (St-Louis, MO) a comparé ses ethnies très différentes. " Les hommes afro-américains (AA) présentent par exemple deux fois plus de risques de décéder d'un cancer prostatique que les Caucasiens. Nous voyons une vraie disparité raciale entre les AA et les Caucasiens en termes de grade tumoral, de métastases, de taux de PSA, etc. ", explique-t-elle. L'étude que les chercheurs ont menée avait pour objet de savoir si le test PSA devait être pratiqué plus tôt chez les AA que dans le reste de la population. Difficile de détailler la démarche complète, mais les chercheurs ont pu comparer 1.045 AA à 1.753 Caucasiens présentant tous un cancer prostatique dont les caractéristiques tumorales étaient connues. Il n'existe aucune différence en termes de sévérité de la tumeur au moment du diagnostic entre les deux populations. Les AA présentent toutefois un taux de PSA plus élevé que les autres avant la biopsie. Le test PSA avant 55 ans a donc du sens pour les Afro-Américains. Néanmoins, Saltzman pose la question de savoir si d'une part, ce test sauve des vies dans cette population et d'autre part, si cette population doit bénéficier d'un remboursement plus précoce afin de pouvoir faire le test. La question se pose alors pour la population belge issue d'Afrique sub-saharienne.

Un test suffit...
Une autre étude présentée par Mark Preston (Boston, MA) pourrait, elle aussi, avoir un impact sur les pratiques que nous connaissons. En effet, lui-même et ses collègues ont mené une étude cas-témoin sur 14.916 patients provenant de Physician's Health Study aux Etats-Unis. De ceux-ci, ils ont extrait les résultats de PSA des moins de 60 ans : 234 cas de cancer prostatique et 711 contrôles. La cohorte a été constituée en 1982 et le diagnostic de cancer réalisé en 1993. Le suivi des patients s'est poursuivi jusqu'en 2012. A cette date, 60 cas se sont révélés létaux. L'analyse statistique montre que les patients se trouvant au-dessus du percentile 90 ont beaucoup plus de risques de mourir de leur cancer que ceux se trouvant entre 50 et 90 par exemple. Ainsi les 40-49 ans présentant un PSA>1,68 voient leur risque multiplié par 11,5. Le screening par un seul test PSA à cet âge peut donc se révéler intéressant. L'autre question est de savoir si on peut arrêter les tests PSA pour une population déterminée. Une fois de plus, la réponse est affirmative. Ainsi, ceux qui à 55-59 ans sont en dessous du percentile 50 pourraient en être dispensés. Pour les 40-49, ils devraient se trouver en dessous du 25ème percentile.

Ces données ont une implication du point de vue socio-économique. En effet, il est important de pouvoir conseiller et, le cas échéant, rassurer la population, car un dépistage, quel qu'il soit, génère une certaine crainte ou peut la renforcer. Un seul test PSA permettrait donc de déterminer le risque létal pour le patient, ce qui permettrait chez un certain nombre d'éviter les biopsies inutiles, peut-être...

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