L'obésité aide à déterminer la réponse à l'insuline
Avec la poursuite de la diminution de la fonction des cellules bêta, l'insuline devient essentielle pour un contrôle adéquat de la glycémie chez les personnes atteintes de diabète de type 2 (DT2). Le passage à une suspension d'insuline 50/50 prémélangée est recommandé étant donné qu'une insulinothérapie plus intensive est nécessaire. Quel en est l'impact en cas de taux d'HbA1c sous-optimaux ?
Pour entamer une insulinothérapie chez les personnes atteintes de DT2, les directives NICE [National Institute for Clinical Excellence] recommandent de commencer par de l'insuline NPH (Neutral Protamin Hagdorn [hagedorn protamine neutre]) ou un analogue à action prolongée (insuline basale) au coucher ou deux fois par jour. Si le contrôle de la glycémie est insuffisant, une insuline prandiale est nécessaire (prémélangée ou de type " basal-bolus "). Chez les diabétiques de type 2 qui ont besoin d'une insulinothérapie intensive sous la forme de plusieurs injections par jour ou avec une pompe à insuline, on a recours à un schéma de 50 % d'insuline basale et 50 % d'insuline à action rapide.
Les diabétiques dans la vie quotidienne
L'efficacité du mélange 50/50 en cas de taux d'HbA1c sous-optimaux n'est cependant pas connue. C'est ce qui a fait l'objet de cette étude de cohorte rétrospective, en plus des paramètres cliniques et métaboliques qui prédisent la réponse glycémique chez les personnes atteintes de DT2.
2138 patients de plus de 18 ans ont participé à cette étude et sont passés entre janvier 2000 et mai 2012 à une insuline 50/50 biphasique.
À la référence, des taux d'HbA1c sous-optimaux ont été constatés chez 1267 patients (> 7,5 %, soit 58 mmol/mol), malgré au moins 6 mois d'insulinothérapie préalable. La définition de réponse recherchée était un HbA1c < 7,5 % ou une diminution ≥ 1 % sur 12 mois. Les répondeurs ont été comparés à un sous-groupe de 237 patients qui ont commencé tout de suite avec de l'insuline 50/50 biphasique.
Rôle du poids
Après 12 mois, la réduction d'HbA1c globale moyenne s'élevait à 0,5 % (5 mmol/mol) quand de l'insuline 50/50 était employée comme traitement d'intensification, et à 1,6 % (17,5 mmol/mol) si on avait commencé avec de l'insuline 50/50. Seulement 36 % des patients ont atteint la définition de répondeur recherchée. Après corrections, l'obésité (IMC > 30 kg/m2), une durée de traitement ≥ 9 mois et l'HbA1c à la référence se sont avérés constituer des facteurs indépendants pour la réponse.
En d'autres termes, l'insuline 50/50 biphasique est tout à fait indiquée pour obtenir un contrôle glycémique chez des patients obèses atteints de DT2 sous insuline chez qui les taux d'HbA1c ne sont pas maîtrisés. Pour expliquer cela, les chercheurs estiment que le passage à de l'insuline 50/50 signifie le plus souvent qu'un moindre nombre d'unités d'insuline doit être administré quotidiennement, ce qui conduit à une perte de poids et à un meilleur contrôle de la glycémie.