Elections/santé: quelles sont les priorités des candidats-médecins?

Pour achever notre série d'articles "Elections 2014", nous avons décidé de donner une dernière fois la parole à quelques médecins dont les noms figureront sur les bulletins de vote ce dimanche. Quelle sera leur priorité en matière de santé ? Réponses ci-dessous. Pour connaître leurs positions sur cinq dossiers dont on reparlera, inévitablement, durant la prochaine législature (perte de l'agrément, gardes, contingentement, lourdeurs administratives, financement hospitalier), ouvrez votre Journal du médecin de ce vendredi!
Dr CATHERINE MOUREAUX - PS
" Du fait de la 6e Réforme de l'Etat, un certain nombre d'incertitudes existent sur la façon dont les compétences en santé transférées aux Communautés et Régions seront exercées par ces dernières. Il importe donc qu'elles soient rapidement levées et, surtout, que le citoyen n'en ressente rien dans son accessibilité aux soins ni dans leur qualité. "
Dr DANIEL BACQUELAINE - MR
" Notre priorité est de diminuer les charges administratives et réorienter ainsi ces budgets vers les patients et les prestataires pour tenir compte à la fois du vieillissement de la population et des innovations technologiques. Nous voulons permettre aux médecins de mettre à disposition de leurs patients les innovations technologiques, les nouvelles techniques diagnostiques et thérapeutiques, les médicaments innovants,... de telle sorte que tous les patients puissent bénéficier des soins les plus efficaces, notamment lorsqu'ils sont atteints de maladies graves ou chroniques. "
Dr CATHERINE FONCK - cdH
" Les patients sont de plus en plus âgés et en perte d'autonomie, les soins chroniques prennent une place de plus en plus importante. Il est donc capital de renforcer la 1ère ligne de soins, les MG, mais aussi l'ensemble des soins à domicile et des structures intermédiaires entre l'hôpital et le domicile. Nous proposons que des professionnels référents de confiance (infirmière par exemple ou assistante sociale) soient désignés pour piloter l'organisation de ces aides et soins à domicile des personnes dépendantes, ce qui permettrait de faciliter et soulager l'intervention du médecin généraliste et du médecin spécialiste. Par ailleurs, les soins de santé en Belgique sont parmi les meilleurs dans le monde. Il faut conserver la qualité de notre système pour les soins de santé, basé sur le libre choix du patient, la qualité de soins et l'accessibilité. Il faut ouvrir la voie de l'accès à la médecine personnalisée avec le recours aux nouvelles technologies moléculaires et diagnostiques dépistant le profil génétique et les biomarqueurs de maladies, et donc du schéma thérapeutique susceptible d'apporter les meilleurs résultats à chaque patient. "
Dr HUBERT JAMART - ECOLO
" Je pense qu'il faut légiférer sur la reconnaissance des différentes formes de pratiques de soins de santé de première ligne. On voit en effet se construire de plus en plus d'associations, de pratiques de groupes, monodisciplinaires, multidisciplinaires. Or ces pratiques n'ont pas de réelle reconnaissance d'un point de vue fédéral, seuls des individus sont reconnus dans l'AR 78; ceci empêche la mise en place de politiques spécifiques et entretient une certaine confusion auprès des citoyens. (...) D'autres part, il faut arriver à un vrai changement de paradigme pour voir le système de santé articulé autour du patient et de son médecin traitant, ou mieux son centre de santé ; c'est ce que j'appelle le 'virage ambulatoire' qu'il faudra avoir le courage de mettre en place. Finalement il faut une meilleure articulation entre l'ensemble des niveaux de pouvoir, et profiter des transferts de compétences. Aller vers une réelle politique de santé (et sortir de l'approche classique par le biais des soins). La santé n'est plus réellement à l'agenda politique et je pense qu'il est grand temps de la remettre au-devant de la scène ! "
Dr SOFIE MERCKX - PTB-GO !
" La chose qui nous semble essentielle en termes de santé, c'est d'opter pour le modèle Kiwi en matière de médicaments, qui fonctionne sur un système d'appel d'offre. Laurette Onkelinx et Rudy Demotte ont déjà pris certaines mesures en ce sens mais ils ne sont pas allés assez loin. Au niveau des hôpitaux aussi, ces appels d'offres permettraient d'avoir des prix plus avantageux. Idem pour le matériel médical. Ce virage est indispensable pour parvenir à faire chuter la facture des patients ; plus d'un milliard d'euros pourraient être ainsi économisés. L'autre priorité, ce serait d'obtenir une 1ère ligne entièrement gratuite pour les patients. "