Cancer de la prostate : la trichomonase pourrait être un déclencheur

Plusieurs recherches ont déjà associé la présence de Trichomonas vaginalis, un parasite protozoaire flagellé, responsable d'une infection sexuellement transmissible (IST) non virale appelée trichomonase, avec l'incidence et la sévérité du cancer de la prostate.
Une nouvelle étude menée par des chercheurs américains, italiens et argentins ajoute une pierre à l'édifice. Elle précise par quels mécanismes ce parasite courant, qui se transmet lors de contacts sexuels non protégés et qui passe souvent inaperçu car il ne provoque aucun symptôme visible chez la plupart des hommes, pourrait être impliqué dans certains cancers prostatiques.
Le Pr Patricia Johnson et ses collègues ont montré in vitro que le parasite produit une protéine qui provoque une inflammation et une augmentation de la croissance des cellules prostatiques bénignes et cancéreuses. Leurs travaux suggèrent que l'IST rendrait les hommes plus vulnérables à développer une tumeur, sans pour autant en apporter la preuve totale. D'autres études sont nécessaires pour confirmer ces résultats.
A ce stade, on ne peut pas dire que le cancer de la prostate est une IST. Il est probablement favorisé par une combinaison complexe de facteurs de risque. Toutefois, la trichomonase, qui touche plus de 275 millions de personnes dans le monde, pourrait être un déclencheur. Si c'est le cas, le préservatif, la méthode la plus fiable pour protéger contre les IST, est plus que jamais de mise.
(référence : PNAS, 19 mai 2014, doi: 10.1073/pnas.1321884111)