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Polyarthrite rhumatoïde et écho-doppler: le choc des images

Pour impliquer le patient dans la gestion de sa maladie et le rassurer sur l'effet de son traitement, rien de tel que de lui montrer son échographie. C'est une façon aussi de renforcer la compliance dans une phase précoce ou peu symptomatique.

27 mai 2014

Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR) comme dans d'autres affections chroniques, la compliance n'est pas toujours au rendez-vous. Le patient comprend parfois mal l'utilité d'un traitement associant plusieurs médicaments (méthotrexate, corticoïdes, AINS, ...) dans une phase parfois peu symptomatique et a fortiori lorsqu'il en subit les effets secondaires. Comment l'intéresser à sa maladie et lui faire prendre conscience du risque de dégradation et de lésions irréversibles en cas d'absence de traitement ? L'idée de cette équipe australienne est d'utiliser l'écho-doppler pour montrer au patient des images d'évolution de sa maladie et ainsi espérer qu'il s'implique davantage. Le choix de cette technique plutôt qu'une autre vient du fait que c'est un outil performant et sensible pour la détection des synovites et des érosions qui permet notamment d'affiner le caractère inflammatoire d'une polyarthrite débutante. L'intérêt pronostique est aussi important puisque la présence d'érosions et/ou de synovite active est un marqueur de sévérité et prédit la progression structurale, même en cas d'apparente rémission clinico-biologique.

Le choc des images
L'étude1 a inclus des patients âgés de plus de 18 ans avec une PR active sur base d'un DAS28 supérieur à 2,6, justifiant un traitement anti-inflammatoire et immunosuppresseur de première intention. Les patients ont subi une échographie à l'inclusion, à J+3 et J+10. Différents questionnaires leur ont ensuite été soumis: le BMQ (Beliefs about Medicine Questionnaire) pour mesurer le coût/bénéfice et le ressenti du patient quant à l'utilité de son traitement vs ses réticences, le PAM13 (Patient Activation Mesure) pour mesurer la réactivité du patient, le CQR (Compliance Questionnaire Rheumatology) pour mesurer la compliance au traitement et le RAPID3 (Routine Assesment of Patient Index-3) pour évaluer les fonctionnalités physiques, la douleur et l'état général. Il apparaît que montrer au patient en temps réel, les images de l'échographie et la mesure de l'inflammation sur les articulations amène une appréciation plus favorable du rapport coût/bénéfice des médicaments (p=0,043), un meilleur ressenti pour le traitement et par voie de conséquence une meilleure compliance. Pour le patient, le bénéfice l'emporte sur le doute.

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