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Scoliose de l'adolescent : le corset évite la chirurgie

La scoliose affecte de 2 à 3% des enfants et adolescents. Une prise en charge précoce s'impose pour prévenir les complications et le recours à une chirurgie correctrice de la courbure. Par le passé, le port du corset n'a jamais fait l'unanimité face à la chirurgie. Aujourd'hui, de nouveaux matériaux plus confortables relancent le débat...

27 mai 2014

La scoliose est idiopathique dans 80% des cas et serait due à des facteurs génétiques, hormonaux, dystrophiques neurologiques ou biomécaniques. Les 20% restants peuvent être héréditaires ou post-traumatiques (laminectomie, chirurgie thoracique, etc.) Elle ne doit pas être confondue avec l'attitude scoliotique qui résulte d'une mauvaise posture ou du cartable trop lourd. Plusieurs traitements sont proposés : kinésithérapie, chirurgie, appareillage à choisir selon l'âge, l'angle de la courbure, l'esthétique etc. Le corset est généralement privilégié pour son action de dérotation, de translation et d'élongation, mais les contraintes sont importantes et le succès mitigé à moins d'un vrai travail d'équipe entre le patient, les parents, le médecin, le kinésithérapeute et le technicien orthoprothésiste. L'enjeu du traitement est important avec en cas d'échec, une évolution péjorative vers une immaturité squelettique et une chirurgie correctrice. Faut-il opérer ou tenter le port du corset ?

Arrêt prématuré de l'étude
L'étude1 "Bracing in Adolescents Idiopathic Scoliosis Trial" (BRAIST) a évalué chez 242 enfants américains et canadiens, le bénéfice d'une orthèse thoraco-lombo-sacrée vs un suivi médical à intervalles réguliers. Deux cohortes sont constituées selon une randomisation (n=116) ou la préférence du patient et de sa famille (n=126). Le corset devait être porté un minimum de 18 heures /j. Le critère est une progression de la courbure rachidienne jusqu'à un angle de Cobb de 50° ou davantage (échec du traitement) ou une absence de progression à la maturité osseuse (succès du traitement). Le taux de succès atteint pour les 2 cohortes, 72% dans le groupe orthèse versus 48% dans le groupe en suivi médical (OR = 1,93, CI 95% 1,08-3,46). Le succès du traitement est aussi significativement corrélé à l'assiduité au corset avec un taux de 90 à 93% pour un port de plus de 13 heures (p < 0,001). Sur la base de ces bons résultats, l'étude a été prématurément interrompue.

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