Le poids de la perte...

A la perte d'un être cher, " celui des deux qui reste est toujours en enfer ", chantait Jacques Brel. Des chercheurs new-yorkais ont tenté de savoir quel impact cela pouvait avoir sur le développement de psychopathologies...
Le décès soudain d'un proche provoque, on le sait, un choc émotionnel énorme, mais on ne sait pas si cela peut déterminer la survenue de troubles psychiatriques et si cela change au cours de la vie. Il est difficile de tout appréhender, c'est pourquoi une équipe de New York s'est volontairement limitée à l'apparition de troubles anxieux, de l'humeur et de l'initiation d'un abus de drogues ou d'alcool dans une population tout venant.
Ils ont pour cela utilisé un échantillon de 27354 personnes qui ont été soumises à une interview structurée afin de déterminer quand sont apparus les premiers symptômes de ces troubles tels que définis dans le DSM-IV. Ils ont évidemment tenu compte de la présence d'autres maladies, d'autres expériences traumatisantes et des variables démographiques. Tous les participants pratiquement affirment que le décès brutal d'un être aimé constitue certainement l'expérience la plus traumatisante par rapport à d'autres. Quel que soit l'âge auquel cela arrive, le survivant développe des épisodes dépressifs majeurs, un trouble panique, un syndrome de stress post-traumatique. Toutefois, le groupe de patients pour qui cela semble pire encore est celui des plus âgés en ce qui concerne le développement d'épisodes maniaques, des phobies, d'un alcoolisme ou de troubles anxieux généralisés.
Le deuil s'accompagne donc d'une augmentation du risque de souffrir de différents troubles psychiatriques incluant aussi des épisodes maniaques. Pour les auteurs, il y a donc là encore un vaste champ de recherches toujours en friche...
http://ajp.psychiatryonline.org/Article.aspx?ArticleID=1873667