Mortalité et fracture: mieux vaut être enveloppé que maigrichon !
Le surpoids et l'obésité sont généralement considérés comme les fléaux à l'origine de tous les maux de l'homme mais il semble qu'il y ait des exceptions à cette règle... Après une fracture qu'elle soit ou non de la hanche, la mortalité serait moins importante chez les sujets en surpoids ou obèses que chez les sujets avec un poids normal. Ou en sous poids. De quoi se consoler pour certains...
On sait aujourd'hui qu'une fracture de hanche survenant chez une femme âgée de 65 ans ou plus accroît le risque de mortalité dans l'année qui suit la fracture et ce risque peut persister pendant des années. Les causes de décès le plus souvent citées sont la pneumonie, les troubles cognitifs et les fractures ostéoporotiques. Le poids corporel est-il en cause dans cette relation ? Le sujet est controversé avec une tendance à affirmer que les fractures de hanche notamment s'observent moins chez les sujets en surpoids ou obèses que chez les sujets normaux ou en sous poids, attribuant de la sorte un rôle protecteur à un excès de poids corporel. Mais qu'en est-il de la relation entre fractures, obésité et risque de mortalité ?
Rôle protecteur du surpoids
Cette équipe espagnole1 a sélectionné dans une banque de données de plus de 2 millions de personnes hospitalisées, tout sujet de plus de 40 ans ayant souffert d'une fracture clinique de la hanche (n = 6.988) ou d'un autre site (n = 29.372) entre 2007 et 2009 avec des suivis médians de 1,17 et 1,36 années. Les données ont été ajustées pour l'âge, le sexe, le tabagisme, l'alcoolisme, la prise de corticoïdes et l'index de co-morbidité de Charlson. Les résultats montrent un taux de mortalité après fracture de hanche plus élevé chez les sujets avec un BMI bas (<18,5 kg/m2) et moins élevé chez les sujets en surpoids (25-30 kg/m2) ou obèses (>30 kg/m2) avec des HR respectifs de 0,74 dans les 2 cas (p=0,001 et p=0,004). Pour les fractures sur d'autres sites, les résultats sont encore plus probants avec des HR de 0,50 (CI95% 0,32-0,77, p=0,002) et 0,56 (CI95% 0,36-0,87, p=0,010) pour les sujets en surpoids et obèses. Ce qui confère à l'obésité un rôle protecteur comparé aux sujets de poids normaux ou en sous poids. Les auteurs n'avancent pas d'explications sur ces données. Tout au plus peut-on penser que la couche graisseuse amortit les chocs. Quoi qu'il en soit, être fort enveloppé réduit à la fois le risque de fractures et de décès chez les plus de 40 ans.