Parkinson : évaluer le blocage...

Le blocage est un symptôme fréquent chez les patients atteints par la maladie de Parkinson, mais encore trop peu étudié selon des chercheurs de l'Hexagone.
L'un des symptômes axiaux les plus spectaculaires de la maladie de Parkinson est celui du blocage. Une étude multicentrique française a voulu déterminer la prévalence dans un groupe de patients et évaluer la qualité de vie et les facteurs cliniques et pharmacologiques qui l'influencent.
En tout, 683 patients issus de centres de référence, de cliniques neurologiques et d'institutions privées ont été inclus. Les patients ont été évalués au départ grâce à l'échelle UPDRS (Unified Parkinson's Disease Rating Scale - item 14). Les chercheurs ont également étudié les patients présentant des symptômes moteurs erratiques. De plus, ils ont pu mesurer la qualité de vie de ces patients selon deux échelles : le Parkinson's Disease Questionnaire (39 items) et la Short Form Health Survey (36 items). Ils ont également déterminé pour chacun le score d'anxiété et de dépression ainsi que la consommation de médicaments.
Sur les 672 patients finalement inclus dans l'évaluation, 257 souffraient de blocage, ce qui a considérablement réduit leur score de qualité de vie par rapport à ceux qui n'en souffraient pas. De plus, l'existence de ce symptôme est également liée à la durée de la maladie, des scores UPDRS plus élevés et la présence d'une apathie. D'un point de vue pharmacologique, les patients avec un blocage ont reçu de plus hautes doses de lévodopa au quotidien et sont plus exposés aux antimuscariniques. Les patients ont aussi été évalués en périodes " off ". Le score de blocage s'est avéré meilleur chez les patients avec des symptômes fluctuants. Par ailleurs, en périodes " on " sous lévodopa, ce sont les patients les plus jeunes, avec un score UPDRS bas et sans traitement antimuscarinique qui présentent les scores de blocage les meilleurs.
Cette étude confirme donc que le blocage chez les patients parkinsoniens est associé à une perte de qualité de vie, une maladie plus sévère et un traitement par antimuscariniques. La lévodopa améliore nettement l'état des patients surtout s'ils sont jeunes, peu atteints et sans antimuscarinique. Les chercheurs suggèrent donc qu'en présence d'un patient avec un blocage, on optimise la prise en charge dopaminergique et on évite les antimuscariniques.
Santiago Perez-Lloret et al. Prevalence, Determinants, and Effect on Quality of Life of Freezing of Gait in Parkinson Disease JAMA Neurol. Published online May 19, 2014