Le Grand débat (Partie V) : Que faire avec les médecins hors du circuit normal ?
La proposition de Laurette Onkelinx pourrait résoudre les problèmes de médecins sans dossier médical qui risquent de perdre leur agrément. Mais certains " appauvrissent " la cohorte de la première ligne.
L'agrément risque d'être retiré bientôt à plusieurs médecins qui travaillent " à côté " de la médecine générale... Qu'en pensez-vous ?
Roland Lemye : Mme Onkelinx a fait une proposition qui répond largement au problème. Elle a été soumise au conseil supérieur. Mais malheureusement, le président a reporté la décision et ce sera pour la prochaine législature...
Anne Gillet : Nous souhaitons une décision rapidement également. Ce débat a été intéressant. J'ai fait beaucoup de planning familial, des avortements... Donc je connais ces médecins. Mais on a pu déterminer deux groupes dont l'un enrichit la première ligne. Les omnipraticiens ont délégué beaucoup de choses. Pendant le temps de la pléthore, ces MG ont quitté la médecine omnipraticienne. Il faut soutenir ces gens-là. D'autres " appauvrissent " la première ligne car ils travaillent en salle d'urgence. D'autres enfin font les deux mais ceux-là garderont l'agrément. Pour les médecins qui sont 100% en salles d'urgence, cela pose problème. Car sur les 25% de MG formés, si la médecine spécialisée nous en confisque encore une part, combien resterons-nous ? Il est exclu qu'on continue d'alimenter ce groupe-là ! Il faut aller les chercher dans la médecine spécialisée. Idem pour les MG gériatres. S'il y a pénurie, il est exclu qu'on vienne les prendre dans la MG !
R.L. : Il faut tout de même dire que si on regarde les chiffres, le cadastre... Ce qu'on peut comparer facilement, c'est la patientèle d'une MG belge (800 environ) d'un MG hollandais ou anglais (1.500-2.000). Donc, la pénurie est quand même relative ! J'admets toutefois que le temps consacré au patient est proportionnel à notre nombre. Je ne souhaite pas la perte de la main d'oeuvre en médecine générale. Je crois que la pénurie (relative) concerne les campagnes et les quartiers mal famés.
Pour s'attaquer aux " MG de salle ", il faudrait d'abord voir combien ils sont. Et il faudrait aussi leur laisser au minimum les droits acquis. Prenons les hôpitaux psychiatriques : ils n'ont pas de médecins spécialisés pour voir les malades. Le psy dit : " Mon métier n'est pas d'examiner le malade ". Donc il faut qu'un autre médecin le fasse ! Pour nous, il ne faut sacrifier personne dans ses activités légitimes.