Troubles érectiles : les rayons ne sont pas innocents

La radiothérapie et la médecine nucléaire sont largement utilisées dans le cancer prostatique, ce qui ne va évidemment pas sans effets secondaires.
John Mulhall a proposé une présentation très remarquée concernant les troubles érectiles survenant après un traitement par radiothérapie. Il est en effet assez difficile sinon impossible de ne pas toucher les muscles et les corps caverneux si l'on irradie la prostate. Les progrès techniques ont permis de réduire les doses administrées d'environ 40 à 50%, mais les dommages peuvent néanmoins concerner l'endothélium, les terminaisons nerveuses et/ou les muscles lisses. Si la dose reste inférieure à 12 Gy, les plus gros vaisseaux sont épargnés ou ne subissent que peu de lésions. En revanche, au-delà de 20 Gy, ce n'est pas le cas. Si l'on se concentre sur l'endothélium, des doses aussi faibles que 0,1 à 1 Gy cause déjà des dégâts avec pour conséquence la formation de thrombi.
Ces lésions provoquent notamment des troubles érectiles et des difficultés d'éjaculation à 24 mois qui ne diminuent pas avec le temps. Il y a, selon Resnick (1), 60,8% d'érection insuffisante à 2 ans en cas de radiothérapie et 78,8% en cas de prostatectomie. En revanche, à 5 ans, les deux traitements s'équivalent, tandis qu'à 15 ans, les patients traités par chirurgie ont 60% moins de troubles érectiles que les patients traités par radiothérapie. La question est alors de savoir si cette fonction peut être améliorée. Cela semble bien être le cas puisque tout récemment, deux articles ont montré que le tadalafil (2) et le sildénafil (3) permettent d'aider ces patients à recouvrer une meilleure fonction sexuelle.
Quoi qu'il en soit, Mulhall insiste sur le fait que toute procédure visant à traiter le cancer prostatique présente des conséquences négatives sur la fonction érectile. Le choix appartient donc au patient dès qu'il aura été informé des différentes options tant en ce qui concerne leurs avantages que leurs dommages collatéraux.