Prendre en charge l'UTI
Deux communications séparées ont traité du même sujet : le 'management' de l'infection du tractus urinaire fébrile (fUTI) chez l'enfant présentant un reflux vésico-urétéral.
L'UTI est assez habituelle chez l'enfant, mais chez certains, ces infections deviennent récurrentes demandant une antibiothérapie. Lorsque ces infections s'accompagnent de fièvre, il existe souvent un problème sous-jacent, comme un reflux vésico-urétéral.
Une des études a voulu tester l'efficacité des recommandations américaines que l'académie américaine de pédiatrie a éditées en 2011. Les chercheurs (1) ont analysé deux cohortes d'enfants âgés de 2 mois à 2 ans admis dans un service d'urgence sur un intervalle de 66 mois: de janvier à juin 2011 et de janvier à juin 2012. Ils ont relevé les caractéristiques démographiques, la fièvre, la culture urinaire, réalisé une échographie rénale et une cysto-urétrographie mictionnelle. A l'admission, ils n'ont pas vu de différence. C'est l'usage de l'échographie qui a marqué la différence, car il a permis d'admettre 54,1% des patients en 2011 contre 58,3% en 2012. En effet, l'association de pédiatrie a modifié ses critères de positivité. Le nombre de patients a augmenté, mais avec raison puisqu'il s'agissait des plus sévèrement atteints. Les chercheurs estiment donc qu'on a diminué le nombre de faux négatifs essentiellement.
L'autre étude (2) a été menée en analysant 6 études contrôlées rassemblant 986 patients. Un reflux a été constaté chez 471 d'entre eux. Dans toutes ces études, les patients ont été traités par co-trimoxazole et la moitié d'entre elles fait usage de co-amoxiclav ou de nitrofurantoïne comme alternative. Le risque relatif d'échec thérapeutique a été de 0,75 et le risque absolu de 7,33% avec un nombre de patients à traiter pour éviter un épisode valant 13,64. Dans le groupe sans reflux, le risque de fUTI a été de 5,31% pour ceux traités par antibiotiques et de 6,09% pour les patients contrôles. Les auteurs concluent qu'il n'est pas évident que les antibiotiques puissent éviter de réduire le risque d'infection.
Lors de la discussion, les partisans de l'antibiothérapie et les autres ont campé sur leur position... En revanche, les guidelines des pédiatres semblent avoir rencontré l'assentiment de tous.