Des bactéries colonisent le placenta et seraient liées aux naissances prématurées
Longtemps considéré comme stérile, le placenta des femmes enceintes hébergerait une petite communauté de bactéries non pathogènes, qui pourraient même jouer un rôle dans les naissances prématurées.
Pour parvenir à cette découverte, les chercheurs américains ont prélevé des échantillons de tissu placentaire chez 320 femmes, juste après leur accouchement. Ils en ont extrait l'ADN et ont constaté que la communauté bactérienne présente dans les tissus était différente chez les femmes qui avaient eu un accouchement prématuré ainsi que chez celles qui avaient eu une infection symptomatique durant la grossesse (infection urinaire, pneumonie ou infection du col de l'utérus), même si cette infection avait été soignée et guérie.
Le Pr Aagaard et ses collaborateurs ont également découvert que cette flore placentaire s'apparente étroitement à celle que nous avons dans la cavité buccale, ce qui sous-entend que les microbes voyagent de la bouche au placenta par le sang et tend à confirmer le lien supposé entre les maladies parodontales et les naissances prématurées.
Les scientifiques ont déjà entamé une plus large étude auprès de plus de 500 femmes enceintes afin de préciser comment leur microbiome placentaire évolue au cours de la grossesse. Avec l'espoir que les futures découvertes puissent permettre d'identifier les femmes à risque d'accouchement prématuré et ainsi prévenir les complications à la naissance.
(référence : Science Translational Medicine, 21 mai 2014, DOI: 10.1126/scitranslmed.3008599)