Pauvres et riches ne développent pas les mêmes cancers
Une étude précédente menée en 2011 par une équipe de l'Université de Davis, en Californie, avait permis de constater que les personnes ayant des faibles revenus présentaient un risque doublé de développer des problèmes cardiovasculaires.
Cette fois, d'autres chercheurs américains viennent de montrer que le niveau socio-économique des personnes pouvait aussi les rendre plus vulnérables à certains types de cancers. Autrement dit, on ne développe pas la même pathologie cancéreuse que l'on soit riche ou pauvre et la mortalité serait elle aussi différente.
Pour en arriver à cette conclusion, le Dr Francis Boscoe et ses collègues ont étudié un panel de 2,9 millions de personnes auxquelles on avait diagnostiqué un cancer entre 2005 et 2009. Ces personnes ont ensuite été réparties en cinq groupes en fonction de leur niveau de vie, évalué au moment du diagnostic.
Sur 39 types de cancers sélectionnés, 32 ont été associés au statut socio-économique, 14 sont plus fréquents dans les milieux avec un niveau de pauvreté très élevé (pénis, foie, larynx, col de l'utérus,...) et 18 dans les milieux plus aisés (peau, thyroïde, testicules,...). Par ailleurs, cette large étude met en évidence que l'incidence du cancer est plus faible dans les zones les plus populaires, mais le taux de mortalité plus élevé. Dans les zones privilégiées, c'est l'inverse. La faute, probablement, aux inégalités d'accès aux soins.
(références :
(1) BMC Cardiovascular Disorders, 3 juin 2011, doi:10.1186/1471-2261-11-28
(2) Cancer, 27 mai 2014, DOI: 10.1002/cncr.28632)