Un antidiabétique retarde le vieillissement cellulaire et allonge la durée de vie
La metformine, l'antidiabétique le plus utilisé dans le monde, a déjà donné lieu à de nombreuses études et on n'en finit pas de lui trouver des avantages inattendus. Cette fois, Wouter De Haes, un doctorant de la KU Leuven, et ses collègues révèlent deux effets majeurs de ce médicament : il freine le vieillissement cellulaire et prolonge la durée de vie.
Avant de parvenir à ces conclusions, les chercheurs belges ont testé la metformine sur un petit ver, le Caenorhabditis elegans. Cette espèce est idéale car elle ne vit que trois semaines et présente un vieillissement très visible. Traités à la metformine, ces vers présentent une perte de taille très limitée et n'ont aucune ride. Ils ne vieillissent pas seulement plus lentement, mais ils restent aussi plus longtemps en bonne santé.
Les auteurs de l'étude décrivent par ailleurs le mécanisme sous-jacent. L'antidiabétique provoque une augmentation du nombre de dérivés toxiques d'oxygène (ROS), que le corps libère naturellement, ce qui, de façon surprenante, augmente la santé cellulaire et permet une longévité augmentée.
Généralement, les molécules ROS sont en effet considérées comme nuisibles. Elles peuvent endommager l'ADN ou les protéines et accélérer le vieillissement. Cependant, à faible dose, elles peuvent être bénéfiques et rendre la cellule plus robuste.
Les recherches sur la metformine comme arme anti-âge n'en sont encore qu'au ver, et il est encore trop tôt pour généraliser les résultats à l'homme, mais sur un plan strictement biologique, cette étude est prometteuse.
(références : PNAS, 2 juin 2014, DOI: doi/10.1073/pnas.1321776111, et communiqué de presse de la KUL)