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Arythmies cardiaques dues à l'hypoglycémie

Alors que les troubles du rythme cardiaque intéressent de plus en plus les médias, cette étude sur l'hypoglycémie, qui augmenterait le risque d'arythmies chez les personnes atteintes de diabète de type 2, attire inévitablement l'attention. C'est surtout l'hypoglycémie silencieuse, asymptomatique car elle survient la nuit, qui est pointée du doigt.

Dr Michelle Cooreman - 4 juin 2014

Il a déjà été confirmé à plusieurs reprises que le contrôle intensif de la glycémie allait de pair avec une diminution des complications microvasculaires, mais qu'il avait un impact moins prononcé sur les complications macrovasculaires. Désormais, le contrôle intensif de la glycémie est associé à des hypoglycémies plus fréquentes et plus graves. Chez les diabétiques, la mortalité nocturne due à une hypoglycémie iatrogène s'élève à 10 %. Il faut dès lors se poser la question suivante : l'hypoglycémie contribue-t-elle à la mortalité cardiovasculaire ?

Conception de l'étude
Cette étude de Chow et al. a comparé la fréquence des arythmies, les variations de la fréquence cardiaque et les marqueurs de repolarisation entre des périodes d'hypoglycémie et d'euglycémie et entre des périodes d'hyperglycémie et d'euglycémie, qu'il s'agisse d'épisodes de jour ou de nuit. Pour ce faire, 25 patients atteints de diabète de type 2, traités par insuline et présentant des antécédents de maladies cardiovasculaires ou présentant 2 facteurs de risques d'en souffrir, ou davantage, ont été inclus. Tous les patients ont reçu simultanément une surveillance continue du glucose interstitiel et une surveillance par ECG en ambulatoire.

Risque accru d'arythmie
L'hypoglycémie était probablement associée à des modifications ischémiques (stabilisation des ondes T), des troubles de la repolarisation (intervalles QT prolongés, après correction de la fréquence cardiaque), et différentes arythmies cardiaques, ce qui confirme l'éventualité d'un lien. La majorité des hypoglycémies sont survenues pendant la nuit. En comparant les épisodes hypoglycémiques de jour et de nuit, les chercheurs ont fait une constatation importante : des bradycardies sont survenues 8 fois plus souvent et des ectopies atriales 4 fois plus souvent pendant les hypoglycémies nocturnes.

À la recherche d'une explication
On sait que le sommeil affaiblit la réponse sympathique adrénergique sur l'hypoglycémie, rendant cette pathologie plus longue et plus grave la nuit. Les auteurs supposent donc également qu'un tel épisode est suivi d'une phase de compensation parasympathique disproportionnelle, ce qui explique la bradycardie et les pacemakers ectopiques. Sans évaluation biochimique ou physiologique de l'activité sympathique ou parasympathique ni des taux de potassium, de l'aveu des auteurs, un lien de cause à effet entre l'hypoglycémie et ces arythmies cardiaques ne peut cependant être établi. Affaire à suivre...

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