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Partie VII : Les MG, pas des concurrents

Les Glems mixtes MG/spécialistes pourraient être une solution pour améliorer les rapports entre MG et spécialistes. Relations qui sont d'ailleurs au beau fixe lors d'un contact d'homme à homme (ou de femme à femme). En attendant que les patients aient tous un dossier médical partagé.

Nicolas de Pape - 5 juin 2014

Vos rapports avec les MG : tout un programme. Ils se plaignent de l'absence de feed-back de votre part, les spécialistes. Ils se sentent encore méprisés en tant que prolétaires de la médecine, spécialité de relégation... Le dossier partagé est-il une solution parmi d'autres ? Concurrents ou complémentaires, finalement ?

Jonathan Brauner : Justement, le MoDeS, l'ASGB et le GBO ont entamé une longue réflexion à ce propos. Il y a encore quelques temps pendant la période électorale, le MoDeS était invité au parlement pour réfléchir sur le financement de l'hôpital dans une logique de bassins de soins. Le thème de notre réflexion, c'était : " brisons les murs entre spécialistes et généralistes ". En effet, il y a de la frustration, de la concurrence. Donc on aspire par rapport à cela à tout une série d'éléments. Cela passe par une bonne coordination entre lignes de soins y compris la deuxième ligne hospitalière. Le dossier médical partagé nous semble un élément fondamental. On va diminuer fortement les doublons notamment en matière d'examen de radiologie ou de biologie clinique, où le risque de demander une seconde prestation existe si les résultats ne sont pas arrivés à temps. D'où l'intérêt d'injecter rapidement des données dans ce dossier partagé. Chaque citoyen doit avoir un dossier médical global pour que d'emblée soient pris en charge le curatif et le préventif et ce dès le plus jeune âge. Le MG est le rôle pivot dans les parcours thérapeutique et les prises en charge de long cours. Cela nous paraît fondamental. En terme de collaboration, il faut promotionner et financer un coaching bilatéral. Le spécialiste doit dire au patient : voilà ce que je préconise et j'aimerais le revoir dans x mois. Le MG doit également transmettre au spécialiste un rapport de suivi. Avec une informatisation correcte cela marchera. Par ailleurs, ce qui se fait d'ailleurs à l'étranger, il serait fondamental de connaître la pratique de l'autre. Le spécialiste pourrait faire un stage chez le MG et réciproquement. Ainsi, chacun pourrait jauger les difficultés de la collaboration. L'idée d'un Glem mixte MG/sp une fois par an nous rapprocherait. Enfin, ce qui vexe profondément nos médecins généralistes, c'est quand ils appellent l'hôpital ou un spécialiste (pour un problème particulier (gynécologique, par exemple). On leur répond : d'accord, dans trois semaines, voire plus tôt s'il est prêt à payer des suppléments d'honoraires. Le MG se sent vexé. Il faut créer des systèmes de consultations prioritaires quand la demande émane du MG. Par ailleurs, le patient ne doit pas passer par les urgences, où des examens complémentaires seront réalisés. En conséquence, en extra-hospitalier, nous défendons une meilleure définition et clarification des fonctions et tâches des 1ère (organisation dépendante du régional) et 2e lignes (dépendantes du Fédéral). On ne veut certainement pas d'une concurrence sachant que ce seront des pouvoirs organisateurs différents. Cela nécessitera évidemment de siéger dans toutes les entités fédérées ce qui nous prendra énormément de temps.

La première ligne coûte théoriquement beaucoup moins cher... Vous avez été Jacques de Toeuf président de l'Absym pendant longtemps, vous connaissez les généralistes et leurs revendications...

Jacques de Toeuf : Je pense bien ! Mais je suis ravi et surpris d'entendre cette proposition sur les glems mixtes. Bien sûr que c'est une solution en or. Si les spécialistes et les MG ont leurs Glems respectifs, c'est parce que le GBO l'a voulu il y a de nombreuses années car ce syndicat ne voulait pas qu'on pollue l'un avec les mauvaises habitudes de l'autre. Je suis ravi que le GBO ait changé d'avis. Cependant, il y a deux jours. Il y a beaucoup moins de plainte lorsqu'il y a une relation de personne à personne. Il y a plus de plaintes lorsqu'un MG envoie un patient de manière anonyme dans un hôpital. Le patient, il fait confiance dans son médecin traitant. C'est le seul en qui ils aient confiance. Il y a le bouche-à-oreille. Mais dans un tiers des cas, c'est le MG en qui ils ont confiance pour le choix de l'institution. Il n'y a pas assez de relations interpersonnelles entre les MG et les spécialistes. Deux : si on veut éviter qu'un malade ne se perde dans le dédale hospitalier, cela passe par le MG. Et miser plus sur la médecine extrahospitalière. Elle est plus technique que la MG mais moins que l'hôpital et elle est sous-utilisée. Cela pourrait dégorger les hôpitaux.

Par ailleurs, en matière de coaching, il faut se méfier du fait que vos MG comme les nôtres n'apprécient pas une relation de maître à stagiaire. Ils veulent aussi respecter le souci d'identité. La notion de coaching sous-entend de rééduquer quelqu'un à un comportement. Donc la définition du coach ne correspond sans doute pas à ce que vous voulez faire. Nous voulons à l'Absym que la MG soit une spécialité à part entière mais le GBO ne le souhaitait pas. Je crois qu'on va y arriver. Je suis prudent sur ces histoire de coaching. Alors bien sûr, l'info ne passe pas bien. Le dossier médical partagé, cent fois oui. Ce n'est pas pour rien que j'ai accepté la présidence de eHealth. C'est évidemment l'avenir. Il n'y a rien à cacher. Une fois les dossiers compatibles entre eux au niveau logiciel, on évitera les doublons. La dépense énorme n'est pas liée tellement à cela, ceci dit. Il faut lire les écrits du Pr Schokkaert de la KUL. Les dépenses provenant des doublons est tout à fait marginale par rapport aux autres facteurs de prix. Il y en a quelques-uns qui font des faux mais la fausse attestation, celui qui chipote avec ça il est mort dans les deux ans !

J.B. : le rapport de force a de toute façon changé et beaucoup de sang neuf est en train d'arriver au Cartel. Bien sûr, quand je parle de coaching, je ne parle pas de hiérarchie mais une logique de coordination et de recommandations.

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