L'ULB lance un centre de recherche interdisciplinaire sur le diabète
L'Université Libre de Bruxelles (ULB) a présenté jeudi un nouveau centre, interne à sa structure, entièrement dédié à la recherche sur le diabète. Baptisé UCDR (ULB Center for Diabetes Research), il s'agit d'un "labo international" qui rassemble "virologues, chercheurs en biologie cellulaire et moléculaire, pharmacologues, cliniciens...", selon les propos de son directeur, le Brésilien Décio Eizirik. "L'idée est d'évoluer vers un réel pole de recherche bruxellois, impliquant également à terme les autres universités (KUL, UCL, VUB...)", indique-t-il.
L'interdisciplinarité est censée permettre une approche plus complète de ce "problème de santé publique" qu'est le diabète et aboutir à des pistes concrètes quant à des applications thérapeutiques innovantes.
Les diabètes de type 1 et 2 affectent actuellement 55 millions de personnes en Europe et près de 400 millions dans le monde, selon les chiffres avancés par le centre. Et les deux maladies connaissent partout une augmentation importante de leur prévalence. "Il est estimé qu'en 2030 une personne sur dix sera diabétique en Europe", pointe l'ULB.
Les axes de travail présentés sont divers. Une des découvertes centrales, pointée par Décio Eizirik et Anne Op de Beeck (virologue et professeur à l'ULB), sur laquelle l'UCDR travaille, concerne le lien entre certaines infections virales et le développement d'un diabète de type 1. "Nous pensons que certaines infections virales (plus précisément des entérovirus) peuvent être déclencheurs des mécanismes cellulaires associés au développement du diabète", indique Anne Op de Beeck. "Si on démontre ce lien, cela nous ouvre comme perspective de pouvoir travailler sur le développement d'un vaccin, suivant le même processus que ce qui a mené par exemple à la fabrication du vaccin contre le papillomavirus, responsable de la plupart des cancers du col de l'utérus".
Miriam Cnop, endocrinologue impliquée dans l'UCDR, travaille quant à elle sur les causes exactes de la perte de fonction des cellules bêta (qui produisent l'insuline) chez les patients diabétiques. Il est question de décrypter les conséquences du stress du réticulum endoplasmique et de clarifier les mécanismes cellulaires à l'oeuvre dans les tissus "malades". "Je travaille notamment avec des acides gras saturés, dont on sait qu'un taux élevé dans la circulation facilite l'insulinorésistance", ajoute Miriam Cnop. Cette dernière a entre autres découvert que l'insulinorésistance, même si elle y joue un rôle, n'est pas le facteur déterminant du développement d'une intolérance au glucose. Il s'agit plutôt de "la perte de fonction des cellules bêta, qui peut être liée au développement d'une obésité abdominale". Selon ses recherches, certaines personnes peuvent parfaitement compenser une éventuelle insulinorésistance élevée par une production d'insuline importante.