Le stress dégrade aussi la qualité du sperme

Et si les spermatozoïdes devenaient un biomarqueur du niveau de stress chez un homme ?
Des chercheurs de l'Université de Columbia (New-York) ont suivi 193 hommes, âgés de 38 à 49 ans, parmi les participants à une plus vaste étude sur les liens entre environnement et fertilité menée à Oakland (Californie). Les volontaires ont rendu compte de leur état de stress subjectif et objectif (lié à des événements particuliers) et ils ont fourni des échantillons de sperme dont les scientifiques ont analysé la quantité, la qualité, la concentration et la motilité.
Les résultats sont formels. Qu'il soit dû au travail ou aux préoccupations liées à la reproduction, le stress entraîne une diminution des niveaux de testostérone. Le chômage a un impact encore plus fort. Il réduit la qualité et la quantité du sperme. Et, quand les spermatozoïdes sont moins concentrés, plus lents, plus faibles et parfois déformés, ils ont plus de difficulté à féconder l'ovule, ce qui augmente l'infertilité.
S'ils ne peuvent pas totalement expliquer le processus par lequel le stress affecte la fertilité, le Dr Pam Litvak et ses collaborateurs suggèrent que le stress pourrait déclencher la libération de glucocorticoïdes, des hormones stéroïdes qui réduiraient les niveaux de testostérone et la production de spermatozoïdes. Une autre hypothèse est celle du stress oxydatif.
(référence : Fertility and Sterility, 22 mai 2014, DOI: org/10.1016/j.fertnstert.2014.04.021)