Les suicides surviennent surtout entre 2 et 3 heures du matin

Une étude de l'Université de Pennsylvanie à Philadelphie suggère que les rythmes circadiens (cycle jour/nuit) peuvent contribuer aux tendances suicidaires et confirme que l'insomnie est aussi un facteur de risque de pensées et de comportements suicidaires. (1) L'an dernier, un travail de la Georgia Health Sciences University avait déjà révélé que perdre tout espoir de passer une bonne nuit de sommeil est un facteur de risque de suicide à part entière. (2)
L'originalité de la démarche a été d'analyser 35.332 suicides survenus aux États-Unis en tenant compte de la proportion de personnes éveillées pendant chaque tranche horaire. Les chercheurs ont ainsi établi que, passé minuit, le taux de suicide moyen par heure est de 10,27%, avec un pic mortifère à 16,27%, entre 2 et 3 heures du matin. Par contraste, ce taux n'est que de 2,13% entre 6 et 23h59. Et lorsque l'analyse est effectuée par tranches de 6 heures, la fréquence des suicides en pleine nuit, entre minuit et 6 heures du matin, est 3,6 fois plus élevée que si la répartition des tentatives se fait équitablement au cours des 24 heures.
Selon le Pr Michael Perlis, auteur principal, le traitement de l'insomnie serait une voie utile pour réduire les risques de suicide. Une tâche qui n'est pas mince car, selon l'American Academy of Sleep Medicine, environ 10% des adultes américains ont un trouble insomniaque chronique persistant depuis plus de trois mois...
(références :
(1) Press Release de l'American Academy of Sleep Medicine, 1er juin 2014,
(2) Clinical Sleep Medicine, 1er février 2013, doi.org/10.5664/jcsm.2408)