Mondial 2014 : le coup d'envoi sera donné par un exosquelette
Le 12 juin 2014 sera historique. Pour la première fois, le coup d'envoi fictif du match inaugural de la Coupe du Monde, opposant le Brésil à la Croatie dans le stade flambant neuf de Sao Paulo, sera donné, non pas par une légende du football mais par un jeune paraplégique dont l'identité est un secret bien gardé.
On sait juste que ce jour-là, peu avant 22 heures, l'adolescent se lèvera de sa chaise roulante, fera quelques pas dans le rond central de la pelouse et frappera le ballon. Un coup de pied magistral et symbolique dont seront témoins plus de 65.000 supporters présents à l'Arena Corinthians et au moins un milliard de téléspectateurs à travers le monde.
Un miracle ? Non, ou si l'on veut, le miracle de la science. En réalité, le jeune homme sera équipé d'un exosquelette, littéralement squelette externe, une structure fixée sur le corps et connectée au cerveau, permettant de renforcer ou de restaurer des fonctions motrices.
Pleine de promesses, cette technologie à la croisée de la robotique et des neurosciences, a été élaborée par une équipe de 156 chercheurs du monde entier, dirigée par le Pr Miguel Nicolelis, médecin et chercheur en neurosciences à la Duke University, en Caroline du Nord, dans le cadre du programme Walk Again. Ce projet vise à lutter contre la paralysie grâce aux nouvelles technologies.
Depuis de nombreuses années, Miguel Nicolelis travaille sur des dispositifs " cerveau-machine ". En juin 2013, il avait permis à un singe aux États-Unis de contrôler un robot au Japon par la pensée grâce à un système de câbles.
Cette fois-ci, il a donc mis au point un exosquelette, baptisé BRA-Santos Dumont, qui concerne des jambes artificielles.
L'adolescent sera donc équipé des pieds à la taille d'un squelette mécanique, composé d'une structure de tiges métallisées et motorisées qui supporteront ses jambes inertes pendant ses mouvements. Des mouvements qu'il contrôlera par la seule force de sa pensée, grâce à un casque d'électrodes qui capte ses ondes cérébrales, mesure l'activité électrique des neurones et transmet l'information. Le tout est alimenté par une batterie située dans un sac à dos, où loge également un ordinateur qui décrypte les signaux provenant du casque. Un stabilisateur gyroscopique et un système de retour de force qui allège la marche complètent cet appareillage futuriste dont la maîtrise demande des mois d'entraînement.
Pour marquer les esprits et faire connaître au monde entier les avancées de ces travaux, le Pr Nicolelis, qui est lui-même brésilien et fan de football, a donc choisi le Mondial 2014.
" C'est un geste symbolique qui va permettre de couronner 30 ans de travail ", assure ce pionnier de la recherche contre le handicap. " Nous allons réaliser un exploit : apporter la science sur un terrain de foot pour redonner espoir aux gens. "