Faut-il dépister le cancer de la prostate?

Pour aider les hommes de 55 ans et plus à prendre une décision bien informée, deux nouveaux outils ont été mis au point par le KCE et par LUCAS KU Leuven (à la demande de la Vlaamse Liga tegen Kanker -VLK). Le premier est prévu pour être utilisé par le médecin au cours de la consultation, tandis que le second est destiné aux patients eux-mêmes.
40% des plus de 80 ans ont un cancer de la prostate, mais sans le moindre symptôme. Bien que le cancer de la prostate soit le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes de notre pays, ils sont moins de 4% à en mourir.
Le dosage du PSA dans le sang n'est pas un test fiable à 100%. Car si le cancer de la prostate peut effectivement s'accompagner d'une augmentation du taux de PSA, une valeur anormale ne traduit pas pour autant toujours la présence d'une tumeur. Inversement, un résultat normal au test PSA n'exclut pas complètement la présence d'un cancer de la prostate. Le dépistage peut donc provoquer des inquiétudes inutiles, mais aussi un faux sentiment de sécurité.
Les recommandations de bonne pratique ne conseillent pas le dépistage systématique par dosage du PSA, et le test n'est d'ailleurs plus remboursé dans ce cadre. Mais cela n'empêche pas certains hommes de le demander: le rôle du médecin sera alors de bien les informer des avantages, inconvénients et incertitudes qui l'accompagnent, afin de leur permettre de poser un choix bien réfléchi, conformément aux droits fondamentaux des patients.
À cette fin, la VLK et le KCE ont développé chacun un outil scientifique validé. Il s'agit d'une part d'un instrument d'aide à la prise de décision destiné aux patients eux-mêmes, développé par le centre de recherche LUCAS (KULeuven) à la demande de la VLK et en concertation avec la société scientifique des généralistes flamands Domus Medica et la Belgische Vereniging voor Urologie (BVU), d'autre part d'un document d'information pour les médecins, qui peut être parcouru avec le patient au cours de la consultation (développé par le KCE avec la Société scientifique de médecine générale et son pendant néerlandophone Domus Medica, qui se sont également chargés de le tester).