L'AVC, une pathologie de poids...
La question qui se pose est de savoir si les personnes obèses sont protégées d'un second AVC. C'est ce que des chercheurs ont appelé le paradoxe de l'obésité. Certains estiment que c'est vrai, d'autres qu'il s'agit d'un artefact dû à un biais de sélection.
Des chercheurs ont donc mené une étude évaluant la survie après un AVC en relation avec le BMI. Afin d'éviter les biais de sélection, ils n'ont repris comme décès par AVC que ceux survenus dans le premier mois après le premier épisode.
Toutes les données ont été reprises à partir du registre danois des AVC entre 2003 et 2012 pour ce qui concerne les admissions pour AVC et le registre danois des causes de décès. Les informations recueillies ne concernaient que les AVC. Les décès ont été considérés comme étant probablement liés à l'AVC s'ils survenaient dans le premier mois après le premier AVC. L'étude a inclus tous les Danois pour lesquels l'information était disponible sur leur BMI, l'âge, le sexe, l'état civil, la sévérité de l'AVC, le sous-type d'AVC, le profil cardiovasculaire et les données socio-économiques. Ils ont mesuré la relation indépendante qui existe entre le BMI et le décès suivant l'indice d'AVC endéans la première semaine ou le premier mois.
Sur les 71.617 patients, 7.878 (11%) sont décédés au cours du premier mois. De ceux-ci, les AVC constituaient la première cause de mortalité avec 70% des cas (n=5512). Parmi les patients pour qui l'information sur le BMI était disponible, 9,7% étaient en dessous du poids normal, 39% présentaient un BMI normal, 34,5% étaient en surpoids et 16,8% étaient obèses. Le BMI était inversement proportionnel à l'âge auquel survient l'AVC. Les auteurs n'ont pas noté de différence dans le risque de décès durant le premier mois suivant l'AVC entre les personnes avec un BMI dans la norme et ceux en surpoids ou même obèses. L'analyse à une semaine a donné des résultats similaires.