Ne sont pas " héros ", ceux que l'on croit...
Finie, l'image du junkie américain. Aujourd'hui, l'héroïnomane revêt un autre costume, plus " respectable ". Mais attention, le risque de passer à côté d'un patient potentiel n'est pas nul...
L'image de l'héroïne surtout aux Etats-Unis est celle d'une drogue destinée à une population immigrée avec des revenus faibles. Aujourd'hui, aux Etats-Unis, sa consommation est passée de ces populations vers des populations plus fortunées et blanches. Toutefois, ces informations proviennent de rapports partiels. Des chercheurs américains ont donc voulu savoir si ce fait était anecdotique ou pas et s'il existe une relation entre abus d'héroïne et abus d'antalgiques.
Les données ont été collectées selon différentes méthodes, ce qui n'a pas facilité l'analyse : enquête, auto-questionnaire, études rétrospectives, etc. En tout, les chercheurs ont retrouvé 2797 héroïnomanes. Ces derniers ont répondu à des questionnaires fermés et structurés ; en revanche, pour 54 patients, il ne s'agissait que d'un questionnaire non structuré suivi par une interview structurée.
Les auteurs ont mesuré la densité de population des endroits où ils habitaient au début de l'étude et à la fin de celle-ci. Ils ont donc noté la première utilisation d'opioïde, le sexe des personnes, la race et l'âge.
Environ 85% des personnes approchées ont terminé l'étude. Pour la plupart, il s'agit d'hommes (82,8%) qui ont débuté très tôt (16,5 ans) et souvent avec l'héroïne. Leur consommation a débuté dans les années 60-70. En revanche, les usagers plus récents sont plus âgés (en moyenne 22,9 ans) et vivent dans des régions moins urbaines. Et si avant il existait un équilibre entre Africano-Américains et Caucasiens, aujourd'hui, ce sont les " Blancs " qui l'emportent.