Douleur et opioïdes : ne pas oublier la constipation

Trouver la bonne dose d'opioïdes n'est pas toujours simple. Ainsi, en dehors des éventuels risques pour le patient et la difficulté du suivi, la constipation pose un autre problème et peut abaisser la qualité de vie du patient.
La constipation est fréquente chez des patients traités par opioïdes. Des chercheurs ont testé le naloxegol, un antagoniste des récepteurs µ aux opioïdes. Ce médicament est administré per os et agit uniquement au niveau périphérique. Ils ont analysé les résultats de deux études de phase 3 identiques menées en double aveugle : l'une comprenant 652 participants et l'autre 700 participants traités pour des douleurs non cancéreuses et présentant des épisodes de constipation dus aux opioïdes. Les patients ont été randomisés pour recevoir une dose de 12,5 mg une dose de 25 mg ou un placebo.
L'objectif primaire était d'évaluer à 12 semaines le taux de réponse : au moins 3 selles par semaine ou une augmentation de 1 jusqu'à minimum 9 émissions à 12 semaines ou au moins de 3 émissions à 4 semaines. L'étude a été menée en intention de traiter.
Le taux de réponse était significativement plus élevé avec la dose de 25 mg par rapport au placebo : 44,4% versus 29,4% pour la première étude et 48,7% vs 28,8% dans la seconde. Les réponses enregistrées ont également été intéressantes à la dose de 12,5 mg, même si c'était moins franc. Les chercheurs ont également évalué le délai de réponse qui est très rapide avec 25 mg par rapport au placebo. Il n'y a pas eu d'effets sur la douleur. Toutefois, les effets secondaires de type gastro-intestinal étaient plus fréquents avec le naloxegol 25 mg.
Il s'agit donc d'un traitement simple et rapide pour des constipations rebelles dues à l'analgésie.