CHAARTED plaide pour une chimiothérapie d'emblée
Les résultats de l'étude de phase III CHAARTED, présentés à l'ASCO, montrent que l'association, en première ligne, d'une chimiothérapie à base de docetaxel à un traitement de déprivation androgénique permet d'améliorer la survie de près de 14 mois chez les hommes présentant une forme avancée de cancer de la prostate hormonosensible.
Classiquement, chez les patients présentant un cancer de la prostate hormonosensible, la chimiothérapie n'est initiée qu'en seconde ligne, lorsque la tumeur est devenue résistante.
Dans l'étude CHAARTED, par contre, ce sont des patients avec un cancer de la prostate métastasé nouvellement diagnostiqué qui ont été randomisés soit vers un traitement de suppression androgénique seul, soit associé à du docetaxel sur une période de 18 semaines. Environ deux-tiers des patients présentaient une maladie très étendue (dissémination aux organes majeurs et/ou métastases osseuses).
Survie globale remarquable
Après une période de suivi moyenne de 29 mois, 136 décès étaient observés dans le groupe de patients sous déprivation androgénique seule, alors que le nombre de décès n'était que de 101 chez les patients qui recevaient en plus du docetaxel. La survie globale moyenne était de 44 mois dans le groupe recevant uniquement le traitement antihormonal, contre 57.6 mois dans l'autre groupe. Si on considère le groupe de patients présentant une maladie très étendue (n=520), cette différence passait même de 32.2 mois à 49.2 mois. Pour les patients avec les formes de maladie les moins invasives, qui répondent mieux au traitement de déprivation androgénique, la survie moyenne n'était pas atteinte.
Autres critères d'évaluation favorables
Le docetaxel a également permis de retarder la progression de la maladie, mise en évidence par une augmentation des taux de PSA, l'apparition de nouvelles métastases ou une aggravation de la maladie. A un an, la proportion de patients avec un taux de PSA<0.2 ng/ml était de 11.7% dans le groupe recevant uniquement le traitement hormonal contre 22.7% dans le groupe de patients recevant en plus la chimiothérapie. Le délai moyen avant progression clinique (nouveaux symptômes ou détection de nouvelles métastases au scanner) était de 19.8 mois dans le premier groupe contre 32.7 mois dans le groupe docetaxel/déprivation androgénique.
réf. : Sweeney C et al. 'Impact on overall survival (OS) with chemohormonal therapy versus hormonal therapy for hormone-sensitive newly metastatic prostate cancer (mPrCa): An ECOG-led phase III randomized trial' Late Breaking Abstract LBA2, presented at ASCO 2014, Chricago