Le traitement par testostérone n'augmente pas le risque de cancer de la prostate

Une étude allemande, publiée en parallèle à l'ASCO, montre que chez des hommes souffrant d'hypogonadisme, un traitement à long terme avec de la testostérone n'augmente pas le risque de développer un cancer de la prostate.
La sécurité d'un traitement par la testostérone est fréquemment mise en doute, ce qui interfère avec le traitement optimal des hommes qui souffrent d'hypogonadisme. Ainsi, ce traitement est souvent associé à un risque accru de développer un cancer de la prostate. La publication électronique (sans présentation physique), lors du congrès de l'ASCO, d'observations portant sur un grand nombre de patients pendant des périodes étendues devrait rassurer. Trois centres allemands étaient impliqués dans cette étude qui incluait un total de 942 hommes avec un diagnostic d'hypogonadisme et des taux circulants de testostérone ?12.1 nmol/l. Ces patients étaient traités par de la testostérone pendant de longues périodes, atteignant 16 ans chez certains.
Trois cohortes aux résultats comparables
Dans la première cohorte de 300 patients (âge moyen : 57.7 ans), les taux de PSA ont augmenté de manière significative de 1.77 à 2.0 ng/ml. Le volume prostatique moyen avait augmenté de manière significative de 28.3 à 30.7 ml. Au sein de cette cohorte, cinq patients (1.7%) ont développé un cancer de la prostate, soit une incidence de 39.4 cas pour 10.000 années.patient. Chez les 261 patients de la deuxième cohorte (âge moyen : 59.5 ans), les taux de PSA ont augmenté de manière significative de 0.86 à 1.38 ng/ml, tandis que le volume prostatique moyen augmentait de manière significative de 27.9 à 36.9 ml. Six patients (2.3%) ont développé un cancer de la prostate (incidence: 54.5 cas/10.000 années.patient). Enfin, dans la dernière cohorte qui comptait les 381 patients (âge moyen : 42.6 ans), on observe une augmentation significative des taux de PSA de 1.6 à 1.9 ng/ml, et une augmentation significative du volume prostatique moyen de 16.9 to 19.9 ml. Aucun cas de cancer de la prostate n'a été mis en évidence dans ce dernier groupe.
Le verdict des statistiques
L'incidence du cancer de la prostate étant d'environ une centaine de cas par 10.000 années.patient, les chercheurs allemands concluent en l'absence d'augmentation du risque chez les patients