Stathmine 1 : une 'nouvelle' oncoprotéine
Plus on avance, plus le mystère semble s'épaissir. Pourtant, la découverte d'une nouvelle oncoprotéine porte forcément l'espoir d'un nouveau traitement ou d'un nouveau test...
L'oncoprotéine 18 ou Stathmine 1 (STMN1) fait partie de la famille des protéines capables de réguler la polymérisation de la tubuline, protéine indispensable dans la formation du fuseau et donc dans la mitose et la reproduction cellulaire, mais aussi dans la migration des cellules. Cette oncoprotéine a été associée aux cancers du sein et du foie. L'objectif de l'étude présentée par Ulrika Segersten et ses collègues suédois a été de déterminer la signification clinique de cette protéine et si elle pouvait devenir un agent thérapeutique dans le cancer vésical notamment.
Les chercheurs ont donc réalisé des tests immunohistochimiques de l'expression de STMN1 dans trois cohortes de patients présentant un cancer de la vessie. La cohorte 1 était composée de 115 Ta, 115T1 et 112 T2-4. La cohorte 2 de 236 tumeurs T2-T4 et la troisième de 90 patients souffrant d'une tumeur primaire métastasée. L'effet de STMN1 a été évalué dans les tumeurs sur la prolifération cellulaire en inhibant l'expression de STMN1 grâce à STMN1-siRNA, un ARN interférant (si : small interfering RNA) avec le fonctionnement normal de l'ARN messager spécifique en s'y fixant.
Les auteurs ont constaté que les patients présentant une tumeur T1 ou envahissant le muscle avec une expression importante de STMN1 présentaient une survie globale et une survie spécifique plus courtes. L'analyse multivariée après ajustement pour le grade, l'âge et le sexe, montre également un risque augmenté pour les patients T2-T4 ou T1-4. Ces valeurs de risques ont été validées pour T2-4 dans la cohorte 2. De plus, dans la cohorte des patients métastatiques, il s'avère que 69% des patients avec une métastase et 75% avec 2 métastases sont STMN1 + aussi bien au niveau de la tumeur primaire que des métastases. Plus intéressant encore, la capacité des cellules cancéreuses à croitre ou à migrer est significativement réduite lorsqu'on y transfère un siRNA ciblant électivement STMN1. Il s'agit donc bien d'un marqueur pronostique, mais aussi d'une cible potentielle dans le cancer de la vessie...