Arthroplastie du genou: deux fois plus d'interventions et de complications chez les patients obèses
Les orthopédistes pratiquent deux fois plus d'interventions chez les sujets en surcharge pondérale ou obèses et ces patients voient aussi leur risque de complications multiplié par deux. Des chiffres qui devraient conduire à une révision des techniques opératoires.
L'épidémie d'obésité arrive dans l'orthopédie. Quiconque consulte aujourd'hui pour une arthroplastie de la hanche ou du genou est très vraisemblablement en surcharge pondérale ou obèse, selon les experts réunis lors du 15ème congrès EFORT de Londres. Cette présentation clinique est un défi majeur pour la chirurgie orthopédique. De nouvelles études ont en effet confirmé que ces patients sont à haut risque de reprise et de complications, au point qu'un symposium du congrès est consacré à leur prise en charge.
Deux fois plus d'interventions et de complications
Cette étude écossaise a comparé 686 patients qui consultent pour une arthroplastie totale du genou entre décembre 1994 et 1998, avec 1408 patients opérés entre 2009 et 2012. Les patients du deuxième groupe ont un BMI moyen de 32 kg/m² contre 29 kg/m² pour le premier groupe. Une étude suisse1 sur le même thème confirme que les patients obèses (BMI > 35 kg/m² ) nécessitent deux fois plus de révisions de prothèses et souffrent deux fois plus d'infections que des patients avec un BMI en dessous de cette valeur. Cet effet est inexplicablement plus élevé chez les femmes que chez les hommes, souligne le Dr Matthieu Zingg (Genève) sur base de cette cohorte de 2.500 patients avec des arthroplasties du genou. La tendance se confirme dans cette étude irlandaise, où le risque d'arthroplastie du genou est 2,4 fois plus important chez les femmes obèses. Devant ces chiffres inquiétants, des programmes de prévention de l'obésité doivent mis en place, ont souligné les experts réunis à Londres, dont les coûts seront largement inférieurs aux coûts de gestion de tous ces patients.
Vers une révision des techniques chirurgicales
Pour le futur, les chirurgiens orthopédiques devront mettre en place des procédures individuelles par patient pour adapter précisément les prothèses, la taille des composants, les positions, les rotations, comme l'a précisé le Pr Warwick (Australie) et aussi réduire les pertes sanguines et les durées d'intervention.