Méthotrexate et polyarthrite rhumatoïde: l'intérêt d'un marqueur prédictif d'efficacité ...
Un biomarqueur prédictif de la réponse au méthotrexate serait plus qu'utile dans le traitement de première ligne de la polyarthrite rhumatoïde. Il permettrait à des patients non répondeurs de gagner de précieux mois pour l'introduction d'autres DMARDs ou d'agents biologiques en prévention des lésions articulaires.
Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), un certain pourcentage de patients sont d'emblée résistants au méthotrexate (MTX) et à ses effets anti-inflammatoires puissants. Ces patients posent un véritable défi thérapeutique du fait que le MTX est le traitement de référence de première ligne, prescrit en monothérapie jusqu'à une diminution de son efficacité et ensuite associé aux agents biologiques. On sait par ailleurs que cette stratégie en deux temps est à risque puisqu'une réponse insuffisante est à haut risque de progression des lésions articulaires. C'est au point que certains experts n'hésitent pas à proposer d'emblée des agents biologiques associés au MTX pour parer tout risque d'échec ou de moindre efficacité. D'où l'intérêt de disposer d'un biomarqueur sérique ou autre permettant d'anticiper la réponse du patient.
L'haptoglobine prédit la réponse au MTX
Cette étude1 a inclus 69 patients présentant une PR d'apparition récente (moins de 24 mois), traitée par MTX. Le taux d'expression des RNA messagers codant pour l'haptoglobine a été mesuré entre les semaines 0 et 12 dans les cellules mononuclées de sang périphérique, à la fois chez des patients répondeurs et non répondeurs au MTX. A 12 semaines, 34,7% des patients avec PR peuvent être classifiés comme répondeurs selon les critères EULAR (DAS28 < ou = 3,2 et diminution >1,2) et 65,2% comme non répondeurs. A l'inclusion, le signal mRNA de l'haptoglobine chez les non répondeurs est significativement plus élevé que chez les patients répondeurs (p< 0,05). Cette surexpression se traduit chez les non répondeurs par un taux sérique moyen élevé d'haptoglobine (369,9 mg/dL versus 255,3 mg/dL chez les répondeurs, p = 0,01). Ces taux passent de 255,3 mg/dL à l'inclusion à 186 mg/dL à la semaine 12 (p = 0,04) chez les patients répondeurs mais restent élevés chez les patients non répondeurs. Pour les auteurs, ces taux sériques d'haptoglobine sont associés à une réponse inadéquate à la semaine 12 au MTX dans la PR d'apparition récente. Ces données demandent confirmation mais elles ouvrent des perspectives pour identifier les patients répondeurs ou non à une monothérapie par MTX et le cas échéant commencer sans délai le traitement avec d'autres DMARDS ou des agents biologiques en prévention de lésions irréversibles.