Une anesthésie générale avant un an pourrait altérer la mémoire
De précédentes recherches avaient déjà suggéré que l'anesthésie pouvait détruire certaines cellules nerveuses et affecter le fonctionnement des synapses. Mais son impact sur la mémoire n'avait pas encore été étudié. C'est désormais chose faite chez l'enfant et chez l'animal.
Des chercheurs de l'Université de Californie ont comparé la mémoire de deux groupes de 28 enfants, âgés de 6 à 11 ans : l'un avait subi une ou des anesthésies générales avant l'âge de 1 an, l'autre pas. Ces enfants, qui n'étaient pas différents en terme d'intelligence ou de comportement, ont été testés pendant une période de dix mois sur leurs capacités à se souvenir de détails figurant sur des dessins. Ceux qui avaient été anesthésiés ont réalisé un score significativement plus faible que les autres. Le nombre d'anesthésies n'a en revanche pas changé la donne.
Une étude menée parallèlement sur des rats par les mêmes scientifiques a montré que les rongeurs anesthésiés au cours de la première semaine de leur vie reconnaissaient moins bien les odeurs que leurs congénères qui n'avaient pas été anesthésiés.
Selon les auteurs de ces travaux, de telles conclusions devraient conduire le corps médical à se poser plus de questions sur la nécessité ou non d'avoir recours à l'anesthésie générale sur les très jeunes enfants.
(référence : Neuropsychopharmacology, 9 juin 2014, doi: 10.1038/npp.2014.134)