Une nouvelle piste thérapeutique pour la BPCO ?
Si de nos jours beaucoup de médicaments sont la résultante de screening systématique de milliers de molécules, la piste de l'observation clinique n'est pour autant fermée. Le succès sera-t-il au rendez-vous ? Les premiers résultats enregistrés sont en tout cas prometteurs.
Le rôle possible de l'iode dans la fluidification du mucus des glandes des voies aériennes et le rapport d'une amélioration de la symptomatologie de leur BPCO chez des sujets ayant de leur propre initiative pris du charbon activé enrichi en iode est à l'origine d'un essai randomisé contrôlé de 8 semaines mené sur 40 patents BPCO.
Si l'augmentation de 11,7% du critère principal d'évaluation (temps d'effort fourni à 75% de l'aptitude maximale) observée dans le bras actif n'est pas significative, les investigateurs rapportent en revanche une nette augmentation du VEMS (+ 130 ml par rapport au placebo), ce qui correspond à une amélioration significative de 8,2%. L'amélioration du VEMS étant significativement corrélée à la fois au VEMS post-bronchodilatation et au VEMS post-effort, les investigateurs soulignent que l'amélioration de la fonction pulmonaire sous l'influence du charbon actif enrichi en iode ne se fait pas aux dépens d'une diminution de la relaxation bronchique liée à l'utilisation de ß2-adrénergiques. Avec ces agents, la fonction pulmonaire peut être améliorée au-delà du seuil atteint grâce au charbon actif enrichi en iode.
Des niveaux anormaux transitoires d'hormones thyroïdiennes ont été documentés chez huit patients du bras actif. Il n'y a pas de corrélation significative entre l'existence de cet effet secondaire et l'amélioration de la fonction pulmonaire.
Au total, cette étude montre que le charbon actif enrichi en iode améliore de façon notable la fonction pulmonaire de patients ayant une BPCO d'intensité modérée. Le mécanisme en cause reste hypothétique à ce stade, mais semble en tout cas différent des mécanismes connus des classiques traitements de la BPCO. A suivre...