Schumacher est sorti du coma. Et maintenant ?
Près de six mois après son grave accident de ski, l'ex-champion allemand de Formule 1 Michael Schumacher est donc sorti du coma. C'est dans la plus grande discrétion qu'il a quitté lundi le CHU de Grenoble pour le CHUV de Lausanne, à une trentaine de kilomètres de sa résidence du Lac Léman, afin d'y entamer un très long parcours de rééducation et de réadaptation avec des kinés et des neuropsychologues.
Phase de réveil
Si le communiqué de presse, diffusé par Sabine Kehm, la porte-parole de la famille est laconique et sans détail sur l'état de santé de l'ex-pilote Ferrari de 45 ans, il marque néanmoins un vrai tournant.
Pour rappel, alors qu'il souffrait d'hématomes intracrâniens, de contusions cérébrales et de lésions hémorragiques diffuses, Schumacher avait été placé en " phase de réveil " le 30 janvier dernier, un processus compliqué consistant à diminuer progressivement les sédatifs.
Depuis lors, selon des informations distillées au compte-gouttes, on a pu apprendre qu'il avait eu " des moments de conscience et d'éveil ", qu'il avait réagi à des voix et des visages familiers mais sans autre forme de communication, ce qui laisse entendre qu'il n'avait pas parlé dans ces moments-là. De plus, les soins qui lui ont été prodigués pour limiter la fonte musculaire et les éventuelles séquelles neurologiques ont, semble-t-il, avancé de façon satisfaisante.
Sortie de coma
Désormais, il est donc question d'une " sortie de coma ", ce qui d'un point de vue médical, signifie qu'il n'est plus plongé dans un sommeil profond, qu'il n'a plus besoin d'assistance respiratoire et qu'il manifeste un certain degré de conscience. Il peut ouvrir la bouche, tirer la langue, cligner des yeux, sourire, serrer la main, parler, répondre à des questions simples,...
De quoi raviver les espoirs de tous ses fans. Le fait que Schumacher ait franchi la première étape est d'ailleurs une victoire en soi, car les statistiques étaient clairement en sa défaveur : après un coma d'origine traumatique, le réveil ne se produit que pour un malade sur sept.
Quelles séquelles ?
Ceci dit, désormais, tout le monde se demande quelles sont ses chances de guérison et quels types de séquelles risque-t-il ? Vu l'opacité qui persiste autour de son état de santé, il est prématuré d'émettre le moindre pronostic. On peut juste dire que son avenir demeure très incertain car, même après le réveil de la conscience, les chances de récupération sans handicap neurologique ou intellectuel demeurent faibles. Dans l'absolu, les cas de rémission totale sont même rarissimes car certains dégâts sont irréversibles. Et le taux de patients capables de vivre de façon indépendante oscille entre 0 et 14%, selon les études.
Les spécialistes s'accordent sur un point : le risque de séquelles motrices, cognitives et comportementales est à la mesure de la sévérité des lésions initiales et de la durée de la période d'éveil. Or, Schumacher est demeuré plus de cinq mois dans le coma. Seuls quelques patients restés en état végétatif aussi longtemps finissent par retrouver la plupart de leurs capacités. Grâce à sa forme physique et à son mental exceptionnel, des atouts qui maximisent ses chances de progrès, l'ex-pilote allemand fera peut-être partie de ceux-là...