Etre ou ne pas être sous anticoagulant ?
L'accroissement du risque d'hémorragies sous anticoagulants suite à un traumatisme crânien représente un dilemme pour les intervenants lors de la prise en charge de patients âgés.
En effet, s'il ne fait pas de doute qu'il faille arrêter l'anticoagulation après un traumatisme, la question est de savoir s'il faut effectivement la recommencer et quand. Des chercheurs ont donc mené une analyse rétrospective afin d'estimer le risque thrombotique et hémorragique associé au traitement par warfarine. Dans leur étude, ils ont inclus des personnes d'au moins 65 ans entre 2006 et 2009 qui avaient reçu de la warfarine au minimum 1 mois avant leur traumatisme crânien.
Le premier objectif était de savoir ce qui se passait chez les 10.782 traités ou non par warfarine dans les 30 jours suivant le traumatisme en termes d'accidents hémorragiques ou thrombotiques. Les accidents hémorragiques étaient tout évènement incluant les AVC hémorragiques, les hémorragies digestives ou sous toute autre forme. Les accidents thrombotiques comprenaient les AVC thrombotiques, les embolies pulmonaires, les thromboses veineuses profondes et les infarctus du myocarde.
Les patients inclus dans l'étude étaient dans 64% des femmes et de race caucasienne (92%). L'âge moyen était de 81,3 ans et 82% souffraient de la fibrillation auriculaire. Sur les 12 mois suivant la sortie de l'hôpital, 55% des patients ont reçu de la warfarine. Ce traitement administré avant l'accident est associé à une réduction des évènements thrombotiques de 23% et une augmentation du risque hémorragique de 51%. En revanche, administrée après l'accident, la warfarine est associé à une baisse des accidents ischémiques et hémorragiques de 17%.
Les auteurs concluent que, malgré l'augmentation du risque d'hémorragie, l'anticoagulation permet d'obtenir un bénéfice à long terme après hospitalisation pour trauma crânien.