Le PTSD entraîne-t-il des accouchements prématurés ?

Le trouble du stress posttraumatique (PTSD) n'est pas rare durant la grossesse, mais quelles sont les conséquences et qu'en est-il des autres troubles associés ? Le PTSD est-il responsable d'accouchements prématurés ?
D'après les auteurs de cet article paru dans le JAMA Psychiatry, 8% des femmes accouchent en état de PTSD. Les traitements psychotropes ont souvent été associés à la prématurité. Des chercheurs ont donc tenté d'identifier la maladie et ses traitements afin de savoir s'ils pouvaient être impliqués. En effet, ceci est d'importance et permettrait tant au clinicien qu'aux patientes de prendre la bonne décision thérapeutique.
Ils ont donc tenté de déterminer si l'usage de benzodiazépines et/ou d'antidépresseur durant la grossesse pouvait poser problème. Partant de l'hypothèse que l'association existe, ils ont mené une étude prospective de cohorte sur 2.654 femmes recrutées avant d'avoir terminé la 17ème semaine de grossesse auprès de 137 obstétriciens du Connecticut et du Massachusetts. Les chercheurs ont mesuré la survenue de PTSD, les épisodes de dépression majeure et l'utilisation d'antidépresseurs ou de benzodiazépines.
Les analyses montrent que le taux de prématurité est plus élevé chez les patientes PTSD que chez les autres. D'après une sous analyse, ce sont les enfants nés de mères souffrant de dépression majeure qui présentent le taux de prématurité le plus élevé, suggérant alors une interaction entre les deux maladies. Les analyses de régression logistique confirment ces résultats avec un risque 4 fois plus élevé pour ces femmes présentant les deux maladies en même temps. Pour chaque point supplémentaire sur l'échelle de PTSD, le risque de prématurité augmente de 1 à 2%. Par ailleurs, concernant les traitements, les femmes traitées par SSRI augmentent leur risque de 55% et le doublent si elles sont traitées par benzodiazépines.
La conclusion vient d'elle-même : le PTSD et la dépression majeure sont associés à la prématurité. En revanche, il semble que les troubles de l'humeur et l'anxiété n'y soient pas associés.