Pétition pour un transfert de compétences des soins de santé des détenus
La Concertation Assuétudes-Prisons Bruxelles (CAPB) a remis lundi à la ministre de la Santé en affaires courantes Laurette Onkelinx une pétition réclamant un transfert de compétences des soins de santé des détenus vers les SPF Santé publique et Sécurité sociale. Le 23 mai dernier, ce collectif associatif s'était déjà rendu au cabinet du Premier ministre Elio Di Rupo pour lui faire part de la même requête.
Pour la Concertation, fondée par les ASBL Modus Vivendi, CAP-ITI et Transit, "confier la santé des détenus à la justice revient à se faire couper les cheveux chez le boulanger." A son estime, le SPF Justice n'a pas les moyens de mener une véritable politique de santé dans les établissements pénitentiaires belges. Dans un appel appuyé par 781 signataires et 74 associations, dont la Ligue des droits de l'homme, la CAPB demande dès lors que les soins de santé des détenus relèvent des SPF Santé publique et Sécurité sociale plutôt que du SPF Justice.
Les pétitionnaires déplorent en particulier la non-équivalence de soins entre les services fournis dans les établissements pénitentiaires et ceux organisés en milieu libre. Les détenus n'osent pas toujours se livrer aux médecins et aucun travail de prévention ni de dépistage n'est effectué au sein des prisons, regrettent-ils. Une fois libérés, les détenus mettent parfois plus d'un mois à recouvrer leurs droits sociaux.
Or la population carcérale est particulièrement vulnérable, rappellent les auteurs de l'appel. Elle est composée en majorité de personnes défavorisées dont l'accès à la santé était déjà préoccupant avant l'incarcération et, d'autre part, on sait que les taux de prévalence du VIH et de l'hépatite C sont significativement supérieurs en milieu carcéral par rapport au milieu libre. Notamment à cause de la consommation de drogues.
Le Comité pour la prévention de la torture du Conseil de l'Europe a déjà alerté plusieurs fois la Belgique sur la faible qualité des soins de santé qu'elle accorde aux détenus, insiste enfin la CAPB.