Grippe H7N9 : des chercheurs belges identifient les zones à risques
Depuis que le virus H7N9 y a fait son apparition en mars 2013, la Chine a subi deux vagues épidémiques de la nouvelle grippe aviaire, qui a touché plus de 400 personnes et fait une centaine de morts, soit un taux de mortalité de près de 30%, principalement dans les zones rurales du centre et du sud-est du pays.
Alors que de nouveaux cas humains continuent d'être recensés, les scientifiques s'interrogent sur l'éventuelle propagation du virus dans toute la Chine et hors de ses frontières.
Emmenée par le Pr Marius Gilbert, du laboratoire Lutte biologique et écologie spatiale (LUBIES) de l'ULB, une équipe de chercheurs belges, britanniques et chinois, a voulu modéliser le processus de propagation et épingler le ou les endroits à risques, sur base de l'expérience acquise avec le H5N1 en Asie. Objectif : établir les priorités en terme de surveillance afin de pouvoir déclencher une réponse rapide à toute nouvelle poussée du virus.
Les auteurs de ce travail ont réussi à mettre au point une carte montrant que le risque d'extension ne concerne pas uniquement la Chine, mais aussi des régions du Bangladesh et de l'Inde (le long du golfe du Bengale), de l'Indonésie, du Vietnam (delta du Mekong) et des Philippines.
De plus, il ont identifié la densité de marchés à volaille vivante (nombre de marchés par km2 dans un rayon de 70 km) comme principal facteur de risque, aux côtés d'autres variables prédictives comme la densité de volailles (poulets et canards) élevées en systèmes intensif et extensif, la présence de zones humides ou la densité de population humaine.
(référence : Nature Communications, 17 juin 2014, DOI: 10.1038/ncomms5116)