Mutualités libres : un résident de MR sur deux sous antidépresseurs
Selon une étude des Mutualités libres, dans certaines maisons de repos, 90% des résidents prennent des antidépresseurs et 75% des antipsychotiques. Des taux qui chutent à respectivement à 29% et 5% dans d'autres institutions. L'étude montre de fortes disparités entre maisons de repos dans la délivrance de médicaments antidépresseurs et antipsychotiques. De plus, 72 % des résidents sous antidépresseurs poursuivent ce traitement pendant trop longtemps au regard de l'Evidence based medicine.
L'étude porte sur les médicaments délivrés à leurs 22.000 affiliés résidant en maison de repos confirme que l'institutionnalisation a un impact considérable particulièrement sur la consommation d'antidépresseurs et d'antipsychotiques. En voici les principaux résultats :
-Un résident de maison de repos sur deux (53%) prend des antidépresseurs, un sur trois des antipsychotiques (36%), contre respectivement 21% et 7% de l'ensemble des affiliés du même âge.
-Une vingtaine de maisons de repos analysées délivrent des antidépresseurs à plus de 80% de leurs résidents. " Plus étonnant encore : dans certaines institutions, 90% des résidents prennent des antidépresseurs, dans d'autres... 29%. Ces très fortes variations entre maisons de repos s'observent aussi pour les médicaments antipsychotiques, allant de 5 à... 75% selon l'institution. "
- Entre 2007-2011, 72% des résidents consommant des antidépresseurs en 2007 ont poursuivi ce traitement pendant au moins 5 ans. Or " la durée de traitement recommandée pour un épisode dépressif majeur est de l'ordre de 9 à 12 mois ".
L'organisme assureur se pose donc objectivement des questions sur la très importante consommation d'antidépresseurs et d'antipsychotiques en maisons de repos. " Est-elle justifiée? Pourquoi tant de résidents ont-ils besoin de ces médicaments et pendant si longtemps? " Ces fortes disparités entre maisons de repos " sont particulièrement interpellantes et les causes de ces variations mériteraient d'être analysées en profondeur ".
Mais les données administratives à disposition des mutualités "ne permettent pas de comprendre l'origine de ces variations de consommation", conclut le troisième organisme assureur du pays qui appelle à un débat citoyen à ce sujet.