Les rats, eux aussi, éprouvent des regrets
Des neuroscientifiques de l'Université du Minnesota ont mis en évidence pour la première fois des manifestations neurophysiologiques et comportementales caractéristiques du regret chez un mammifère autre que l'être humain.
Baptisée Restaurant Row, l'expérience a consisté à proposer à des rats le choix entre des " restaurants " offrant de la nourriture plus ou moins savoureuse, avec des temps d'attente plus ou moins longs. Pour se décider, les rongeurs disposaient d'un capital temps limité. Mais parfois, ils prenaient une décision manifestement mauvaise et ils regardaient alors en arrière vers la récompense dédaignée. Ce comportement serait typique du regret. Il constitue un avantage adaptatif, car il permet d'optimiser la prise de décision en réévaluant les comportements passés.
Pour vérifier l'hypothèse au niveau neurologique, les chercheurs ont enregistré l'activité neuronale des rats via des électrodes implantées dans le cortex orbitofrontal et le striatum ventral, deux aires cérébrales impliquées dans l'évaluation des récompenses potentielles lors d'une prise de décision. Ces zones se sont révélées significativement actives après reniflement de certaines odeurs par les rats et leur entrée dans certains restaurants, mais aussi quand ils regardaient en arrière, et se représentaient l'occasion manquée.
Ces travaux préliminaires permettront de mieux comprendre pourquoi les Hommes agissent comme ils le font et comment le regret affecte les décisions qu'ils prennent.
(référence : Nature Neuroscience, 8 juin 2014, doi:10.1038/nn.3740)